Une étape décisive dans la réorganisation sécuritaire du nord de la Syrie a été franchie ce dimanche. Alors que les tensions entre le gouvernement central et les forces kurdes ont longtemps marqué la région, un déplacement de haut rang à Ayn al-Arab (Kobané) a matérialisé le début d’une nouvelle configuration militaire. Ce mouvement s’inscrit dans le cadre d’un accord complexe visant à modifier structurellement la présence armée sur ce territoire stratégique.
Le colonel Mohammad Abdel Ghani, chef de la sécurité intérieure de la province d’Alep, s’est rendu sur place pour superviser les préparatifs d’un plan sécuritaire convenu entre Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS). Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, cette visite dans la campagne est d’Alep précède l’entrée imminente des forces de sécurité intérieure gouvernementales. Des réunions techniques ont été tenues avec les dirigeants des FDS pour définir les modalités pratiques de ce déploiement, dont l’objectif affiché est le maintien de l’ordre et la stabilisation de la zone.
Le cœur de cet accord réside dans la transformation du statut des combattants présents sur le terrain. Le texte prévoit que les membres des FDS, entité pourtant qualifiée de « terroriste » par Damas, ne seront pas simplement démobilisés mais intégrés individuellement dans des brigades militaires rattachées au ministère syrien de la Défense. Le dispositif inclut la formation d’une division militaire composée de trois brigades issues des rangs des FDS, ainsi que la création d’une brigade spécifique à Ayn al-Arab, placée sous l’autorité administrative de la province d’Alep.
Le calendrier d’application de ces mesures est immédiat. D’après Hamza al-Mustafa, ministre syrien de l’Information, l’accord entre en vigueur ce lundi, coïncidant avec la prise de fonction du nouveau directeur de la sécurité de Hassaké. Sur le plan opérationnel, le gouvernement et les FDS ont convenu d’un retrait des forces militaires des lignes de contact au profit de forces de sécurité dépendant du ministère de l’Intérieur, notamment dans les centres urbains de Hassaké et Qamishli.
Cette restructuration fait suite à une séquence militaire intense débutée le 16 janvier dernier. L’armée syrienne avait alors lancé une opération à l’ouest de l’Euphrate, étendue ensuite vers l’est avec l’appui de forces tribales, permettant à Damas de rétablir son autorité sur plusieurs territoires auparavant sous contrôle des forces kurdes.