Sur les 15 membres du Conseil de sécurité, un seul État a répondu favorablement à la convocation de Donald Trump

La diplomatie mondiale a assisté, ce mercredi, à une scène de friction institutionnelle rare entre les Nations unies et la nouvelle administration américaine. Alors que le Conseil de sécurité se réunissait pour aborder l’urgence d’un cessez-le-feu à Gaza et la situation en Cisjordanie, l’attention d’une partie des diplomates était déjà tournée vers Washington. Cette session, qui a dû être réorganisée en urgence pour éviter un chevauchement logistique, a mis en lumière une fracture au sein même de l’organe onusien, matérialisée par la décision singulière d’un de ses membres.

Une concurrence directe entre deux instances

La réunion mensuelle du Conseil de sécurité sur le Proche-Orient s’est tenue dans un contexte de rivalité inédite. Initialement prévue jeudi, la session a été avancée à mercredi. La raison de ce changement de calendrier est purement politique : le président américain Donald Trump a annoncé la tenue, le même jour, de la première réunion de son « Conseil de la paix ».

Cette initiative, perçue par certains observateurs comme une tentative de contourner les mécanismes traditionnels de l’ONU, a créé un dilemme pour les chancelleries. Selon les informations relayées par notre confrère Sud Quotidien, il est rapidement apparu que le maintien de la date initiale aurait posé des problèmes insolubles de voyage pour les diplomates souhaitant assister aux deux événements, forçant l’ONU à s’adapter à l’agenda de Washington.

Un seul membre franchit le pas

C’est au niveau de la participation que la scission s’est faite la plus visible. Sur les quinze membres qui composent le Conseil de sécurité, un seul a accepté l’invitation officielle à rejoindre le « Conseil de la paix » de Donald Trump : le Pakistan.

Cette position place Islamabad dans une situation diplomatique complexe. Bien qu’ayant accepté l’invitation américaine, le Pakistan a profité de la tribune de l’ONU pour tenir un discours ferme à l’égard d’Israël. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a qualifié les projets de colonisation israéliens en Cisjordanie de « violation claire du droit international », les déclarant « nuls et non avenus ». Une posture qui illustre la difficulté de naviguer entre l’alliance avec la nouvelle administration Trump et le soutien historique à la cause palestinienne.

Israël disqualifie l’ONU

Du côté israélien, le choix de la priorité diplomatique a été clairement exprimé. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a minimisé l’importance de la session new-yorkaise, affirmant que « le monde international se concentrerait sur la réunion du Conseil de la paix ».

Gideon Saar a par ailleurs accusé le Conseil de sécurité d’être « infecté par une obsession anti-israélienne ». Cette rhétorique accompagne des actions concrètes sur le terrain : le ministre israélien de l’Énergie, Eli Cohen, a évoqué une « souveraineté de facto » sur la Cisjordanie, une démarche visant à bloquer toute perspective de création d’un État palestinien.

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L’urgence palestinienne réaffirmée

Face à ces manœuvres politiques, les représentants palestiniens et la majorité des membres du Conseil de sécurité ont tenté de ramener le débat sur le terrain du droit. Riyad Mansour, l’ambassadeur palestinien à l’ONU, a averti que l’annexion constituait une « violation de la Charte des Nations unies » et une « menace existentielle » pour les efforts de paix.

Les membres du Conseil ont réitéré leur appel pour que l’accord de cessez-le-feu à Gaza devienne permanent, déplorant les efforts d’extension du contrôle israélien sur la Cisjordanie occupée. Une position de principe qui se heurte désormais à l’émergence de cette structure parallèle portée par Donald Trump, dont les ambitions de médiation semblent vouloir redessiner l’architecture diplomatique mondiale.

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