Sur le dossier de Rafah, la France avance une proposition de sécurisation européenne et confirme l’arrivée imminente d’un fret massif à El Arish

L’urgence humanitaire dans l’enclave palestinienne a fait l’objet d’une prise de parole officielle ce mardi matin sur les antennes de France Télévisions. Alors que la situation sanitaire reste critique à la frontière égyptienne, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a profité de son intervention dans l’émission Télématin pour poser les conditions d’une reprise des flux et détailler l’apport logistique immédiat de Paris.

Le ministre des Affaires étrangères a qualifié de « vital » l’ouverture du point de passage de Rafah. Cette exigence diplomatique répond à un double impératif : permettre l’évacuation des blessés vers l’Égypte pour y recevoir des soins adaptés, et surtout faciliter le transit massif des vivres. Selon les précisions apportées par le locataire du Quai d’Orsay, l’enjeu dépasse la simple rotation de patients observée récemment.

**Un dispositif logistique chiffré et une offre sécuritaire**

Au-delà des déclarations de principe, Jean-Noël Barrot a fourni des données précises sur l’engagement matériel de la France. Une cargaison de 400 tonnes d’aide alimentaire doit arriver dès demain à El Arish. Ce stock est spécifiquement destiné à subvenir aux besoins de 42 000 enfants palestiniens, selon les chiffres communiqués par Anadolu.

Pour rendre cet acheminement possible et durable, le ministre a également mis sur la table une proposition stratégique concernant la gestion du point de passage. Il a affirmé que l’Europe se tenait « prête à en assurer la sécurité », une déclaration qui suggère une implication directe des partenaires européens dans la gestion de cette zone sensible.

**Le contexte à la frontière**

Cette annonce intervient alors que le point de passage de Rafah connaît une activité extrêmement réduite. Contrôlé du côté palestinien par l’armée israélienne depuis mai 2024, le terminal a officiellement repris une activité minimale ce lundi. Les mouvements restent toutefois limités : une cinquantaine de personnes ont pu quitter Gaza, principalement des patients et leurs accompagnateurs, tandis qu’un nombre équivalent entrait dans l’enclave.

Les autorités sanitaires de Gaza rappellent que ces évacuations au compte-gouttes sont loin de répondre à la demande, estimant à 22 000 le nombre de patients en attente d’une réouverture complète pour raisons médicales.

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