Sur le chantier avancé de l’université de Tambacounda, une seule déclaration du chef de l’État est désormais attendue pour sceller le sort de la prochaine rentrée

La région naturelle du Sénégal oriental s’apprête à recevoir le Président Bassirou Diomaye Faye dans un contexte marqué par de fortes attentes locales. Si les dossiers économiques et sanitaires figurent en bonne place dans le cahier de doléances, l’attention se cristallise autour du chantier de l’université, dont l’achèvement imminent place l’exécutif face à une exigence de calendrier précise.

L’infrastructure est visible, les bâtiments sont sortis de terre, mais l’incertitude plane encore sur le calendrier académique. C’est le message principal porté par la Synergie d’action citoyenne pour la construction de l’université du Sénégal oriental (Sac-Uso). Dans un entretien accordé à nos confrères du journal Le Quotidien, Bounama Kanté, coordonnateur de la structure, pose le cadre de cette visite présidentielle : au-delà du constat visuel des travaux, les populations attendent une parole officielle actant le démarrage effectif des cours.

Cette demande intervient peu après le passage du ministre Déthié Fall, venu inspecter les lieux. Le constat technique est clair : le taux d’exécution des travaux dépasse les 80 %. Les gros œuvres sont quasiment terminés et le chantier est entré dans sa phase de finition. L’entrepreneur en charge du projet a réitéré son engagement à livrer l’ouvrage dans un délai de huit mois, rendant théoriquement possible une ouverture pour la prochaine rentrée universitaire.

Toutefois, une contrainte logistique majeure subsiste pour garantir ce délai. Selon les informations relayées par la coordination de la Sac-Uso, l’entreprise de construction a posé une condition sine qua non : la fluidité de l’acheminement des matériaux depuis le Port de Dakar. La complexité des finitions, souvent plus chronophage que le gros œuvre, dépendra directement de cette chaîne d’approvisionnement. C’est sur ce point précis, ainsi que sur l’annonce solennelle de la date d’ouverture, que l’intervention du chef de l’État est espérée pour sécuriser la première cohorte d’étudiants.

Si l’université constitue la « sur-priorité », les acteurs locaux profitent de cette visite pour mettre en lumière d’autres urgences structurelles. Le désenclavement économique de la région passe, selon les acteurs locaux, par la relance du chemin de fer et la concrétisation du port sec de Tambacounda, jugé essentiel pour réduire les accidents sur le corridor et créer de l’emploi. Sur le plan sanitaire, la transformation de l’hôpital régional en structure de niveau 4 est réclamée pour faire face à l’afflux de patients venant des départements voisins et des pays limitrophes comme la Gambie et la Guinée. Enfin, la restructuration de la Sodefitex reste un levier attendu pour redynamiser la filière textile locale.

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