Le dossier impliquant le journaliste Soya Diagne connaît un nouveau tournant judiciaire. Après les différentes procédures, l’affaire est désormais renvoyée devant la Chambre pénale de la Cour suprême, qui devra statuer en dernier ressort, selon Libération.
Pour rappel, Soya Diagne avait été placé sous mandat de dépôt le 16 octobre 2025 par le doyen des juges, poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles et atteinte aux bonnes mœurs. Dans son réquisitoire introductif, le parquet avait également visé Ousseynou Seck, dit Akhenaton, très actif sur les réseaux sociaux, ainsi qu’une troisième personne opérant sous pseudonyme sur Facebook et X.
L’auto-saisine du parquet ne reposait pas uniquement sur des publications Facebook, mais surtout sur une vidéo de 56 secondes devenue virale sur TikTok. Dans cette séquence, l’auteur accuse une haute personnalité d’un viol présumé commis à Paris sur une ressortissante rwandaise, tout en affirmant qu’Akhenaton aurait eu connaissance de cette affaire.
Entendu par les enquêteurs, Soya Diagne a déclaré avoir découvert la vidéo incriminée en présence des policiers. Il a par ailleurs nié toute relation avec Akhenaton, présenté comme proche du pouvoir, affirmant pour sa part se réclamer de l’APR. Concernant ses propres publications, il a expliqué qu’il s’agissait de captures d’écran accompagnées de commentaires satiriques, relevant selon lui de l’humour.
Sur le fond des accusations évoquées, Soya Diagne a soutenu qu’il s’agissait d’une pure fiction, assurant n’avoir jamais traité d’affaires de mœurs. À propos d’un commentaire controversé, il a affirmé avoir parlé de « vol » et non de « viol », maintenant une ligne de défense axée sur la satire et l’ironie. Il a tenu le même discours concernant une publication évoquant un passeport diplomatique attribué à une Rwandaise, qu’il dit avoir formulée sur le ton de la dérision.
« Je n’ai fait que reprendre des éléments dans un registre fictif et satirique, sans jamais viser une affaire réelle de mœurs », a-t-il soutenu devant les enquêteurs.
La décision finale est désormais attendue de la Cour suprême, qui devra se prononcer sur l’issue judiciaire de cette affaire sensible à forte résonance numérique.