En tournée politique dans le département de Guinguinéo, le Premier ministre Ousmane Sonko a longuement exposé la vision économique et stratégique des nouvelles autorités, en mettant l’accent sur la souveraineté, la gestion des ressources naturelles et le développement agricole.
Le chef du gouvernement a reconnu des obstacles persistants dans les discussions avec certaines institutions financières internationales. Selon lui, ces résistances seraient liées à l’orientation souverainiste assumée par le régime en place.
« Nous avons fait le choix de défendre nos intérêts économiques », a-t-il déclaré, estimant que cette posture suscite des inquiétudes chez certains partenaires, qui craindraient un effet d’entraînement sur d’autres pays africains.
Abordant la question des ressources minières et énergétiques, Ousmane Sonko a critiqué des accords qu’il considère déséquilibrés au détriment du Sénégal. Il a réaffirmé la détermination de l’État à reprendre la main sur des secteurs clés, notamment le gaz et le phosphate.
« Il n’est plus question de laisser nos richesses profiter davantage à l’extérieur qu’à notre propre population », a-t-il martelé. S’inspirant de l’expérience marocaine, il a plaidé pour la mise en place d’unités locales de transformation afin de soutenir l’agriculture et réduire la dépendance aux importations d’intrants, notamment les engrais.
Le Premier ministre a également insisté sur les capacités agricoles du pays, qu’il juge largement sous-exploitées. Pour lui, la dépendance à l’agriculture saisonnière freine la croissance du secteur. Il a appelé à des investissements massifs dans l’hydraulique et l’irrigation pour permettre une production agricole permanente.
« L’avenir du Sénégal repose sur l’agriculture, l’élevage et l’industrie », a-t-il soutenu, rappelant que les ressources extractives sont limitées, contrairement à la production alimentaire, qu’il considère comme un pilier durable du développement national.