Soutien des députés à Serigne Mbaye Thiam : « C’est l’apologie de la désobéissance institutionnelle »

Le Grand cadre des syndicats d’enseignants de Mamadou Lamine Dianté n’est pas en phase avec les parlementaires dans l’affaire des élèves-maitres. Il qualifie l’adoption de la résolution de soutien au gouvernement et au ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam qui ont exclu 690 élèves-maitres dans les Centres régionaux de formation du personnel enseignant (Crfpe) pour fraude, de «l’apologie de la désobéissance institutionnelle».

“C’est un sentiment de tristesse et de désolation. Nous considérons que par cet acte, l’Assemblée nationale est en train de faire l’apologie de la désobéissance institutionnelle. Cela veut dire que tous les Sénégalais peuvent comprendre que désormais tout citoyen sous le coup d’une décision de justice, peut s’arroger le droit d’aller chercher protection auprès de l’Assemblée nationale“.

En parlant ainsi le coordonnateur du Grand cadre des syndicats d’enseignants, Mamadou Lamine Diante, se veut clair dans cette affaire : “le principe de la séparation des pouvoirs n’est pas respecté”. Le Secrétaire général du Saemss-Cusems exprime son étonnement sur la posture des parlementaires face à une affaire déjà tranchée par l’arrêt de la Cour suprême qui a cassé l’arrêté ministériel excluant les élèves-maitres dans les Centres régionaux de formation du personnel enseignant (Crfpe).

“Si l’Assemblée s’était autosaisie pour faire voter une motion de soutien au moment des faits, on aurait compris que l’Assemblée nationale se prononce sur l’affaire des élèves-maitres. Mais aujourd’hui il s’agit de l’affaire de l’arrêt de la Cour suprême. Nous considérons que cela ne devait pas se faire dans une République”, a-t-il estimé.

Revenant sur la mise en œuvre des points retenus dans le procès-verbal signé avec le gouvernement, Mamadou Lamine Diante présage, au regard de l’état d’avancement des revendications et des mesures prises par les autorités, une année académique sous de mauvais auspices en 2016.

Les syndicats d’enseignants réunis autour du Grand cadre, informe-t-il, entendent aller en plénière de renouvellement du bureau national de coordination du Grand Cadre pour ensuite déposer un préavis de grève.

“Lorsque la première autorité de ce pays prend des engagements pour la prise en charge des préoccupations de l’école et des enseignants, personne n’a le droit de faire l’insubordination comme la direction de la Solde et le ministre de l’Education. Aucune mesure jusqu’ici n’a été correctement respectée, à part quelques actes d’avancement”, poursuit-il. Non sans relever que “le gouvernement est en train de revenir sur les acquis du mouvement syndical. Les enseignants nouvellement intégrés n’ont été mis à solde”.

Sud Quotidien

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