Soutenant désormais la cession des Chagos par Londres, Donald Trump revendique un droit d’action spécifique pour protéger la base américaine

Le transfert de souveraineté de l’archipel des Chagos du Royaume-Uni vers l’île Maurice semblait compromis par l’hostilité initiale de la prochaine administration américaine. Pourtant, à la suite d’un échange direct avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, Donald Trump a opéré un changement de ton radical, tout en assortissant ce soutien d’un avertissement sécuritaire strict concernant l’avenir de la base stratégique de Diego Garcia.

Ce revirement marque une rupture notable avec ses déclarations du mois dernier. L’ancien et futur président américain avait alors qualifié la décision britannique de céder l’archipel de « grande stupidité ». La position a évolué jeudi, après des discussions qualifiées de productives avec le chef du gouvernement britannique. Selon Al Jazeera, Donald Trump estime désormais que Keir Starmer a obtenu le « meilleur accord qu’il pouvait faire » dans ce dossier complexe mêlant décolonisation et géostratégie.

Cependant, cette validation politique ne s’est pas faite sans conditions. Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a tenu à préciser les contours de l’engagement américain. Si la souveraineté change de main, la posture défensive des États-Unis reste inflexible. Il a explicitement averti que Washington se réservait le droit de « sécuriser et renforcer militairement » sa présence sur l’île de Diego Garcia si celle-ci venait à être menacée. Cette déclaration introduit une prérogative d’intervention directe, superposant une garantie sécuritaire américaine unilatérale à l’accord diplomatique anglo-mauricien.

Du côté de Londres, le gouvernement a réagi par voie de communiqué, indiquant que les deux dirigeants avaient convenu de travailler en étroite collaboration pour garantir le fonctionnement futur de la base. L’accord initial, annoncé conjointement par le Royaume-Uni et Maurice en mai dernier, prévoit le retour de l’archipel sous pavillon mauricien, en échange de la garantie que la base militaire américaine pourra continuer à opérer pour une durée minimale de 99 ans.

Cette base, située sur la plus grande île de l’archipel, joue un rôle pivot dans le dispositif militaire américain dans l’océan Indien. Elle a été cruciale pour les opérations menées au Vietnam, en Irak et en Afghanistan. Son existence même repose sur l’histoire douloureuse des Chagossiens, expulsés de leurs terres natales dans les années 1960 et 1970 pour permettre la construction des infrastructures militaires, une population qui milite depuis des décennies pour son droit au retour.

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