Le Forum économique mondial de Davos a servi de cadre, ce jeudi, à une annonce majeure de la diplomatie américaine. Alors que les regards étaient tournés vers les Alpes suisses pour les discussions économiques, c’est une initiative géopolitique d’envergure qui a capté l’attention. Présentée comme une solution nouvelle pour la résolution des conflits internationaux, la structure dévoilée par Washington impose des conditions d’adhésion drastiques qui ont immédiatement suscité des réactions contrastées parmi les chancelleries occidentales.
Donald Trump a officialisé le lancement de son « Board of Peace » (Conseil de la paix), une entité conçue initialement pour superviser la reconstruction de Gaza après la guerre, mais dont le mandat semble désormais s’étendre bien au-delà. Selon les documents signés lors de la cérémonie, l’adhésion permanente à ce conseil est conditionnée par un ticket d’entrée fixé à un milliard de dollars. Une somme colossale qui vise, selon les promoteurs du projet, à garantir l’engagement sérieux des États membres dans la résolution des crises mondiales.
À la tribune, le président américain a assuré que « tout le monde » souhaitait rejoindre cette instance, dont il assume la présidence. L’organigramme dévoilé comprend des figures de premier plan telles que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, le secrétaire d’État américain Marco Rubio et Jared Kushner, gendre de Donald Trump. Si des dizaines de pays ont accepté de rejoindre l’initiative, la dynamique s’est heurtée à un mur diplomatique en Europe.
Contrairement à l’optimisme affiché par Washington, plusieurs alliés traditionnels des États-Unis ont décliné l’invitation. Comme le rapporte Al Jazeera, la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a confirmé que le Royaume-Uni ne signerait pas la charte. Londres n’est pas isolé dans cette démarche : la France, la Norvège, la Suède et la Slovénie ont également refusé d’intégrer ce nouveau dispositif.
Les réticences s’expliquent en partie par la crainte de voir ce « Conseil de la paix » concurrencer, voire affaiblir, l’Organisation des Nations Unies (ONU). Conscient de ces critiques, Donald Trump a tenté de rassurer lors de son allocution d’ouverture, affirmant que l’initiative travaillerait « avec beaucoup d’autres, y compris les Nations Unies », pour traiter les dossiers diplomatiques majeurs.
Sur le terrain, l’accueil est nettement plus froid. Tareq Abu Azzoum, correspondant d’Al Jazeera dans la bande de Gaza, rapporte un pessimisme palpable au sein de la population palestinienne. Pour ces derniers, la création de cette instance, perçue comme déconnectée de leur réalité, renforce le sentiment d’être traités comme « un problème à gérer » plutôt que comme un peuple dont les droits doivent être pleinement reconnus.