Le gouvernement fédéral de Somalie a vivement condamné, mardi, le déplacement du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, dans la région du Somaliland. Cette visite, la première du genre depuis la reconnaissance de l’indépendance de ce territoire par Tel-Aviv fin décembre, est considérée par Mogadiscio comme une atteinte directe à sa souveraineté nationale.
Dans un communiqué officiel relayé par l’agence Anadolu, le ministère somalien des Affaires étrangères a dénoncé une « incursion non autorisée » à Hargeisa, rappelant que cette ville est une partie intégrante de la République fédérale de Somalie. Parallèlement, Gideon Saar a confirmé sur le réseau social X avoir tenu des discussions avec le président du Somaliland, Abdourahmane Mohamed Abdullah. Ce dernier a accepté l’invitation du Premier ministre Benjamin Netanyahou pour se rendre en Israël, une démarche que le chef de la diplomatie israélienne décrit comme un message de renforcement des liens avec la région séparatiste.
La diplomatie somalienne qualifie cet acte de « violation flagrante » de l’intégrité territoriale et d’ingérence inacceptable dans les affaires intérieures d’un État membre des Nations Unies. Cette position est soutenue par l’Arabie saoudite, qui a rejeté la déclaration de reconnaissance mutuelle entre Israël et le Somaliland et réaffirmé son soutien à l’unité de la Somalie.
L’Égypte a également réagi fermement, mettant en garde contre un « précédent dangereux » pour la stabilité de l’Afrique de l’Est. Le Caire a spécifiquement rejeté tout projet qui viserait à utiliser le Somaliland pour le déplacement forcé des Palestiniens. Cette inquiétude survient dans un contexte où les actions d’Israël et leurs conséquences humanitaires sont déjà largement décriées sur la scène internationale. De son côté, la Turquie, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan, a fustigé une stratégie visant à exporter l’instabilité en sapant l’intégrité des pays de la région.