Simultanément au retour des diplomates américains, la fin du calvaire officialisée pour une figure majeure de la société civile vénézuélienne

C’est un dénouement attendu depuis plus de quatre ans par les défenseurs des droits humains. Dans un contexte de redéfinition des relations diplomatiques entre Caracas et Washington, une libération significative a eu lieu ce dimanche au Venezuela, marquant une étape potentielle dans la politique de « pacification » annoncée par l’exécutif intérimaire.

La nouvelle est tombée via les réseaux sociaux avant d’être confirmée par les organisations non gouvernementales. Javier Tarazona, directeur de l’ONG FundaRedes, a recouvré la liberté après 1 675 jours de détention. Son frère, Jose Rafael Tarazona, a partagé son soulagement dimanche : « Ce jour tant attendu est arrivé. Mon frère Javier Tarazona est libre. La liberté d’une personne est l’espoir de tous. »

Cette libération ne constitue pas un cas isolé. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, elle s’inscrit dans un mouvement plus large initié le 8 janvier dernier. L’organisation de défense des droits juridiques Foro Penal a pu vérifier la libération de plus de 300 prisonniers politiques, dont plusieurs ont quitté le centre de détention d’El Helicoide en même temps que le militant.

Une loi d’amnistie et une transformation symbolique

Ce geste de l’exécutif s’aligne sur les récentes annonces de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez. Vendredi dernier, cette dernière a dévoilé un projet de « loi d’amnistie » destiné à couvrir des centaines de détenus. Au-delà de l’aspect juridique, une transformation physique des lieux de détention est promise : la prison d’El Helicoide, souvent citée par les groupes de défense des droits humains pour des conditions de détention controversées, doit être reconvertie en complexe sportif et de services sociaux.

Javier Tarazona avait été arrêté en juillet 2021. Son organisation, FundaRedes, documentait les abus présumés commis par des groupes armés colombiens et l’armée vénézuélienne le long de la frontière. Les autorités l’avaient alors accusé de « terrorisme » et de conspiration.

La bataille des chiffres

Si la dynamique de libération est enclenchée, un flou persiste sur l’ampleur exacte du processus. Alors que le gouvernement évoque plus de 600 libérations, affirmant que les personnes incarcérées avaient commis des crimes et non des actes politiques, Foro Penal maintient un décompte plus prudent. L’organisation souligne que plus de 700 prisonniers politiques demeurent incarcérés, un chiffre incluant des cas non signalés auparavant par crainte de représailles.

Les familles et les avocats continuent de réclamer l’annulation pure et simple des charges, souvent qualifiées d’arbitraires, telles que la trahison ou le terrorisme, qui pèsent sur les opposants, journalistes et militants.

Un contexte diplomatique sous haute tension

Ces développements internes coïncident avec une activité diplomatique intense. L’envoyé spécial des États-Unis est arrivé à Caracas pour officialiser la réouverture de la mission diplomatique américaine, sept ans après la rupture des liens. Ce rapprochement intervient dans une séquence politique inédite pour le pays sud-américain.

Le mois dernier, une opération ordonnée par le président américain Donald Trump a conduit au transfert de Nicolas Maduro vers une prison de New York, où il fait face à des accusations de trafic de drogue et de « narcoterrorisme ». C’est dans ce paysage politique recomposé que l’actuelle administration intérimaire tente de naviguer, entre pressions internationales et gestion des affaires intérieures.

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