La diplomatie française a clarifié sa position vis-à-vis de la nouvelle initiative multilatérale portée par Washington. Intervenant depuis l’université de Toulouse, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a détaillé les motifs techniques et juridiques qui ont conduit Paris à décliner l’invitation à rejoindre le « Conseil de la paix ».
L’absence de la France au sein de cette nouvelle structure ne relève pas d’un simple désaccord politique, mais d’une divergence fondamentale sur l’architecture du droit international. Selon les explications fournies par le chef de la diplomatie française et relayées par l’agence Anadolu, le texte soumis à la signature des États s’apparente moins à un mécanisme de coopération ponctuel qu’à une tentative de refonte du système en vigueur.
Pour Jean-Noël Barrot, la charte du « Conseil de la paix » pose problème dès sa conception. Elle est rédigée d’une manière qui laisse transparaître une volonté de se substituer à la Charte des Nations Unies. Le ministre a rappelé que le document signé il y a 80 ans à San Francisco suffit à fixer les règles élémentaires de la coexistence pacifique : le respect des frontières, la non-ingérence dans le choix des dirigeants et la limitation stricte de l’usage de la force à la légitime défense ou sur mandat du Conseil de sécurité.
L’analyse effectuée par le Quai d’Orsay pointe un risque de doublon institutionnel. Là où la France a soutenu le plan de paix proposé par le président américain Donald Trump dans le cadre spécifique de Gaza — plan endossé par le Conseil de sécurité de l’ONU —, elle refuse de valider une instance qui pérenniserait cette approche pour l’ensemble des crises mondiales. Le ministre a souligné l’impossibilité d’accepter une structure créée de façon permanente pour traiter indistinctement des dossiers aussi variés que l’Ukraine, le Soudan ou la région des Grands Lacs, en parallèle des institutions onusiennes existantes.
Cette position française réaffirme l’attachement de Paris au fonctionnement actuel de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité, malgré les tentatives observées de « bousculer cet ordre établi ». En rejetant la charte proposée par Washington, la France marque sa volonté de ne pas affaiblir la légitimité de l’ONU au profit d’organes alternatifs dont le mandat entrerait en concurrence directe avec le droit international historique.