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Serigne Abdoul Ahad Mbacké, un apologiste de vertus et de leadership. Par Cheikhoul Khadim Mbacké ibn Serigne Modou Abdoul Ahad

Selon l’historiographie mouride, ce fut un mercredi, 23 chawwal en 1332 dans le calendrier de l’hégire, soit en septembre 1914, (époque ou le Cheikh fut assigné en résidence surveillée à Diourbel après son retour en exil) que Serigne Abdoul Ahad Mbacké a vu le jour à Diourbel. Celui qui siégera 54 ans plus tard au plus haut sommet de la hiérarchie mouride « Khalif Général des Mourides », aura l’insigne honneur d’être assimilé à un pseudonyme aussi rare que les vertus et la personnalité charismatique qu’il incarne : « Baye Lahat » ; ou celui qui ne connait que le culte de la vérité, de l’unique, de l’excellence. Baye Lahad, modèle de la vêture mouride, la marque de fabrique d’un bâtisseur engagé et méthodique. Cet architecte de vertu fut un leader transparent, promoteur de la droiture, pourvu d’un sens de responsabilité hors du commun. Ce saint, éminent fils de Cheikhoul Khadim est un abreuvoir des assoiffés de vertus, un modèle de réussite qui doit inspirer les gouvernants et tout leader chargé d’administrer les affaires d’un groupe social donné.

 Un leader engagé et transparent

Durant les 21 ans que Serigne Abdoul Ahad siégea à la magistrature suprême « Khilafa» de  la mouridiyya, son engagement à faire de Touba une ville sainte, une cité de lumière des temps modernes, un sanctuaire cultuel et scientifique, fut inspiré du projet de société de son vénéré père formulé en des invocations dans son panégyrique (poème) « Matlabul Fawzayni » : la quête du bonheur des deux mondes.

C’est ainsi qu’il inscrivit son programme et sa vision pour la cité bénite, sur la mise en train de ce projet de société propre au fondateur de la ville de Touba. En effet Serigne Abdoul Ahad fonda ses ambitions pour la citadelle du serviteur du prophète (psl),sur la base d’un engagement ferme qu’il conduira jusqu’à son aboutissement, bravant tout obstacle qui se présenta sur son chemin. Il déclara à l’occasion de l’une de ses prêches routinières que : « durant son illustre existence, Serigne Touba n’avait que trois centres d’intérêt: le Coran, les disciples et TOUBA ».

C’est ainsi qu’il donna corps aux domaines de prédilections de son patriarche et maître Cheikhoul Khadim, avec des réalisations innovantes telles que Daaray Kaamil (Bibliothèque coranique et autres savoirs) et l’université de Touba, …Par ailleurs ,ce vaillant serviteur de Serigne Touba qui était à cheval entre la sublimité de l’héroïsme et l’extrémité de la noblesse d’âme, dégageait une détermination, une lueur de ténacité, une faculté de raison garder ,bourrée de courage et de persévérance, nécessaires pour faire face aux défis de son temps.

La mémoire collective mouride a encore souvenance de ce passage  glorieux, extrait de sa célèbre allocution portant sur l’interdiction des pratiques au rebours des principes de l’islam et du mouridisme dans la sainte ville de Touba : « J’y mets ma vie en jeu », assura-il, faisant allusion aux pratiques prohibitives. Ce sermon sacré démontre un engagement ferme, pris au pas de charge.

En revenant sur ses chefs d’œuvres architecturaux pour la ville sainte, l’on constatera qu’il avait bâti un idéal de transparence qui laissa une empreinte de sobriété dans sa gérance. Ce grand bâtisseur d’une stature  légendaire, excellait dans ce domaine. La vision qu’il avait de cette vertu s’étalait à perte de vue ; ce qui peut être conceptualisé en un idéal de société figé. Pareillement si nous passons au peigne fin le magistère, « khilafa » de Serigne Abdoul Ahad, l’on y dénichera ces trois passoires sine qua non : la transparence fondée sur une communication pointue, la révélation du chiffre exact en matière de finance des projets et le respect de la durée des projets entamés.

Tout ceci pour l’unique but de servir la communauté mouride et ses coreligionnaires. Ainsi, par la grâce divine, lorsqu’il informa au public d’un grand projet pour la ville, il s’employa rigoureusement à lui donner forme. C’est dans cette logique de transparence qu’il proclama : « Si l’on peut concilier les paroles d’hier d’un individu avec ses pratiques d’aujourd’hui, alors, voici un homme vertueux au vrai sens du terme ».

C’est-à-dire l’éthique et la morale voudraient que nos promesses d’hier soient conformes à nos actes d’aujourd’hui. En somme, par les temps qui courent, le manque de transparence observé dans les affaires de certains gouvernants et élites politiques ou religieuses actuelles du pays, souvent vilipendées et mises en cause sur des scandales de mal gouvernance , de biens mal acquis et de pratiques malsaines, prouvent qu’on a besoin plus que jamais de reconsidérer notre approche de recherche et d’enseignement sur ces grands hommes à l’image de Serigne Abdoul Ahad Mbacké dont, son noms restera éternellement gravé dans les archives historiques de ce pays.

Ces honnêtes hommes dont fait partie Serigne Abdoul Ahad, dépositaires de vertus doivent figurer en pole position, parmi les plus dignes références pour cette jeunesse désorientée, mal en point, des icônes pour cette classe politique véreuse et corrompue. De surcroît, l’immense œuvre de Serigne Abdoul Ahad Mbacké, s’inscrit dans le cadre d’un modèle de système de gouvernance qui tire sa souche principale sur des valeurs islamiques et sur une gestion sobre et vertueuse des affaires communautaires.

 L’exemple de la droiture

En effet cette connotation véridique, « Niakki Caaxaan », qu’on attribue souvent à Serigne Abdoul Ahad, illustre avec perfection sa disposition à marcher adroitement. Celle-ci constitue l’âme de sa personnalité, le payoff de marque de ses discours. Ce gardien des vertus cardinales et de l’orthodoxie mouride ne cautionnait aucun dérapage quel qu’il soit, peu importe sa provenance ou sa signataire, ni les rites folkloriques et caricaturaux, s’identifiant de l’islam ou du mouridisme, qui toutefois demeurent des contre-valeurs qui estompent l’image de l’islam et du mouridisme.

D’ailleurs, sa ferme résolution à assainir vertueusement la ville de Touba, pour la conservation de sa sacralité, avec des interdictions rigoureuses visant toute consommation d’alcool, de la drogue, la pratique des jeux de hasard etc, conduira à un changement de paradigme déterminant dans l’histoire du mouridisme. Cette vague de nouvelles mesures prônées par cette grande pointure de l’islam léguera à la postérité mouride un environnement sain, dépourvu de pratiques illicites.

L’Histoire a retenu à jamais que Touba fut la première ville au monde à interdire la vente et la consommation du Tabac (cigarette). Par conséquent cette mesure digne d’un visionnaire sera plus tard érigée en une règle relativement universelle. La preuve en est qu’aujourd’hui, l’interdiction de fumer est appliquée dans plusieurs villes du monde. Désormais, dans les avions, les transports publics et places publiques, on y observe cette ordonnance : « interdit de fumer ».

Toujours dans cette logique de droiture, l’on constate chez Serigne Abdoul Ahad, un sens et un respect voués aux lois prescrites par la société. Nul ne saurait trouver refuge auprès de lui, s’il aura le malheur de commettre un délit ou un crime. Quelque soit son degré d’éminence ou de proximité avec lui, il n’enfreindra jamais les lois. En guise d’illustration, nous retiendrons sans doute cette anecdote inspirant à la fois de l’humour et de la fermeté.

Un jour quelqu’un est venu lui raconter un rêve cauchemardesque, dira l’homme: « J’ai cauchemardé de tuer quelqu’un », « votre rêve était-il long ? », lui interroge Serigne Abdoul Ahad, « non », répondit son interlocuteur, puis Serigne Abdoul Ahad dans son caractère habituel, répliqua : « Si votre cauchemar était aussi long, alors vous rêveriez de dormir en prison ».

En d’autres termes, la justice voudrait que la prison soit la demeure de celui qui tue délibérément. En définitive, ce vertueux sage est d’une carrure à surpasser son temps, un visionnaire nourri d’une intelligence coiffée de hardiesse. Il a légué à la postérité musulmane, à la jeunesse du pays, un trésor de vertus, un modèle d’action, un moyen de repère dans l’égarement, magnifié par une vêture identitaire sortie de l’ordinaire : le fameux Boubou « Baye Lahad ».

Quand sa voix légendaire fit écho, avec un ton doux et rigoureux, aussitôt le mutisme devint maître des lieux, faisant vibrer le cœur des assoiffés de vérité. Cette voix rhétorique, encense les élus, réitère le message divin, redresse les égarés du chemin de Dieu et porte les revendications de l’islam.

Que Dieu lui accorde davantage de ses bienfaisances et de ses grâces dans son éternel demeure au Paradis.

Par Cheikhoul Khadim Mbacké ibn Serigne Modou Abdoul Ahad

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