Réunis aux Émirats arabes unis, le verdict immédiat de la délégation ukrainienne sur l’entame des négociations avec la Russie

Après plus de trois ans sans engagement direct de cette ampleur, officiels ukrainiens et russes se sont retrouvés mercredi à Abou Dhabi. Sous l’égide des États-Unis, cette reprise du dialogue vise à trouver une issue diplomatique au conflit, alors même que les combats se poursuivent avec intensité sur le terrain.

L’attente autour de cette rencontre était palpable, tant les positions semblaient irréconciliables. Rustem Umerov, chef du Conseil de sécurité nationale et de défense de l’Ukraine, a qualifié ces premiers échanges de « substantiels et productifs ». Selon sa porte-parole Diana Davityan, citée par Al Jazeera, les discussions doivent se poursuivre ce jeudi, bien qu’aucune avancée majeure vers l’arrêt des hostilités n’ait été annoncée pour le moment. L’objectif affiché par Kiev reste concentré sur des « étapes concrètes et des solutions pratiques ».

Ce climat de dialogue contraste violemment avec la réalité du front. Les autorités ukrainiennes ont rapporté, en marge des pourparlers, une nouvelle vague de frappes russes ayant causé la mort de sept personnes sur un marché bondé et endommagé des infrastructures énergétiques à Kiev, plongeant une partie de la population dans le froid. Malgré ces attaques, le président Volodymyr Zelenskyy a insisté sur la nécessité d’obtenir des résultats tangibles, anticipant notamment un échange de prisonniers « dans un avenir proche ».

Le point d’achoppement principal demeure le statut des territoires de l’est de l’Ukraine. Moscou, dont les forces occupent environ 20 % du territoire ukrainien, exige le retrait des troupes de Kiev du Donbas et la reconnaissance de sa souveraineté sur les zones saisies. Une condition préalable rejetée par l’Ukraine, qui plaide pour un gel des lignes de front actuelles sans retrait unilatéral. Selon Al Jazeera, l’opinion publique ukrainienne reste majoritairement opposée à toute concession territoriale.

Dans une allocution prononcée mercredi, Volodymyr Zelenskyy a par ailleurs levé le voile sur le coût humain du conflit pour son armée, évoquant le chiffre de 55 000 soldats tués depuis le début de l’invasion, sans compter un « grand nombre » de portés disparus. Du côté des médiateurs, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a tempéré les attentes, soulignant que si l’administration Trump a aidé à réduire le nombre de contentieux, les points restants sont « les plus difficiles » à résoudre.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire