Restrictions visas américains : Boubacar Sèye appelle à une réponse collective et digne de l’Afrique

Face aux récentes restrictions de visas imposées par les États-Unis à plusieurs pays africains, Boubacar Sèye, chercheur-consultant en migrations internationales et président de l’ONG Horizon Sans Frontières (HSF), appelle à une réaction africaine concertée, estimant que ces mesures dépassent le simple cadre administratif.

Pour lui, il s’agit avant tout d’un signal politique préoccupant. « Ces restrictions traduisent une vision inégalitaire de la mobilité mondiale », affirme-t-il dans un communiqué, dénonçant des décisions unilatérales qui interrogent la sincérité des partenariats stratégiques souvent invoqués entre l’Afrique et ses partenaires occidentaux.

Sous couvert d’arguments sécuritaires ou administratifs, Boubacar Sèye voit se dessiner une logique discriminatoire. « Les citoyens africains sont trop souvent perçus comme des migrants indésirables, et non comme des étudiants, des chercheurs, des entrepreneurs ou des diplomates légitimes », déplore-t-il. Ces restrictions, souligne-t-il, pénalisent directement les étudiants, universitaires, investisseurs et familles, tout en portant atteinte à l’image du continent sur la scène internationale.

Le président de HSF estime par ailleurs que les réactions isolées des États africains ont montré leurs limites. « Réagir pays par pays, dans la discrétion diplomatique, ne fait que renforcer notre faiblesse collective », avertit-il, rappelant que « les mesures unilatérales appellent des réponses multilatérales ». À l’inverse, il souligne que lorsque l’Afrique s’exprime d’une seule voix, notamment sur le climat ou la dette, elle parvient à peser dans les débats internationaux.

Boubacar Sèye plaide ainsi pour une riposte africaine coordonnée, articulée autour d’une position commune portée par l’Union africaine, d’un dialogue politique ferme avec Washington, et, si nécessaire, de mesures de réciprocité diplomatique. Il appelle également à renforcer la coopération Sud-Sud afin de réduire la dépendance à des espaces de mobilité de plus en plus fermés.

Au-delà des considérations diplomatiques, il insiste sur un principe fondamental : « La mobilité n’est pas un privilège accordé arbitrairement, mais un levier de développement, de connaissance et de paix ». Dès lors, restreindre l’accès des Africains au monde tout en sollicitant leurs ressources et leurs marchés constitue, selon lui, « une contradiction majeure ».

Sans esprit de confrontation, Boubacar Sèye conclut en appelant à une diplomatie africaine plus affirmée. « L’Afrique ne demande pas de faveur. Elle exige le respect, l’équité et la cohérence », affirme-t-il, estimant qu’une réponse collective marquerait « une étape décisive vers une Afrique plus solidaire, plus souveraine et politiquement mature ».

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Un commentaire

  1. Après tu verras qui sera le grand perdant. La réciprocité ne marche pas avec les occidentaux car nous dépendons plus d’eux qu’ils ne dépendent de nous. Nous aurons plus a perdre que d’en gagner

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