Justice en première manche pour deux anciens ministres. La Commission des Lois de l’Assemblée nationale se réunit ce lundi 23 février 2026 pour examiner les projets de mise en accusation visant Abdoulaye Diouf Sarr, ancien ministre de la Santé, et Me Moussa Bocar Thiam, ancien ministre de la Communication et des Télécommunications. Ainsi, la procédure s’accélère pour Diouf Sarr et Thiam.
L’objectif de cette étape parlementaire est de décider s’il faut autoriser leur comparution devant la Haute Cour de Justice, la seule juridiction habilitée à juger pénalement des actes commis dans l’exercice des fonctions ministérielles.
La procédure a été engagée début février à la suite d’une saisine du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Yassine Fall, qui a transmis les dossiers au Parlement. Après l’examen en commission ce lundi, un vote en séance plénière est prévu. Si les députés adoptent les résolutions, les deux hommes seront officiellement renvoyés devant la Haute Cour de Justice pour être jugés.
Les dossiers incriminés
Abdoulaye Diouf Sarr est visé principalement dans le cadre de la gestion des fonds de riposte contre la Covid-19. Un rapport de la Cour des comptes de 2022 a mis en lumière des irrégularités significatives dans l’utilisation de ces ressources, déjà exploité dans d’autres mises en accusation d’anciens ministres.
Me Moussa Bocar Thiam est tenu pour responsable dans des affaires liées à l’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé « Sénégal Connect Park », un projet déjà au centre d’enquêtes et de détentions de collaborateurs sous l’ancien régime.
Cette démarche, dit-on, s’inscrit dans une politique plus large de reddition des comptes menée par les autorités en place, sur la base d’audits et de rapports de contrôle.
Si la Commission donne son feu vert, la balle passera à la plénière de l’Assemblée, qui décidera du renvoi effectif des deux anciens ministres devant la Haute Cour de Justice.
À ce stade, Abdoulaye Diouf Sarr a réagi publiquement, affirmant qu’à la lumière du rapport de la Cour des comptes, aucune infraction financière ne lui a été personnellement imputée dans les premiers éléments rendus publics.