Le débat suscité par la présence d’universitaires sénégalais dans les établissements d’enseignement supérieur en Guinée repose sur une incompréhension des textes régissant la coopération académique. Selon les éclairages apportés par Meissa Diakhaté, enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), il s’agit de missions encadrées et non d’une fuite de cerveaux, s’inscrivant dans une dynamique régionale normée par le CAMES et la CEDEAO.
La polémique récente autour du transfert de compétences vers la Guinée a poussé les autorités à solliciter des clarifications auprès des recteurs concernant la situation administrative des enseignants-chercheurs concernés. Cette démarche vise à distinguer les obligations liées au statut général de la fonction publique de celles, plus spécifiques, régissant le corps universitaire. Ce déploiement de ressources humaines s’opère dans le cadre strict d’un protocole de coopération scientifique signé entre les deux nations, loin de l’idée d’une migration définitive de l’élite intellectuelle.
Les inquiétudes soulevées quant à un départ massif de spécialistes apparaissent infondées au regard de la réalité du terrain. Il est peu probable que des titulaires de chaires dans des domaines de pointe tels que la physique nucléaire, l’intelligence artificielle ou la climatologie abandonnent leurs postes au Sénégal sans un cadre réglementaire précis. Ces interventions s’apparentent aux missions pédagogiques classiques, limitées dans le temps, similaires à celles effectuées par le passé par des enseignants étrangers dans les lycées sénégalais.
Les statistiques disponibles placent d’ailleurs cette collaboration dans une perspective continentale plus large. D’autres nations africaines accueillent un nombre significatif d’enseignants étrangers, le Bénin en tête avec 116 intervenants, suivi par la Guinée (45), le Mali et la Côte d’Ivoire (21 chacun). Les profils sollicités sont de haut niveau, incluant parfois d’anciens ministres ou des universitaires primés à l’international, illustrant l’excellence visée par ces échanges.
L’essence de ce programme réside dans la recherche scientifique et le partage de savoirs. Un expert en agroforesterie peut ainsi trouver un terrain d’étude pertinent dans les forêts guinéennes, tout comme un hydrologue peut approfondir ses recherches sur le fleuve Sénégal depuis sa source. Comme le rapporte Emedia, l’objectif demeure le renforcement temporaire des capacités académiques via des contrats à durée déterminée, permettant aux enseignants de servir le rayonnement universitaire africain sans se soustraire à leurs engagements envers le Sénégal.



Si vous dites que ces recrutements suivent un programme, un protocole de coopération, une dynamique régionale, vous ne citez par leurs noms, signés quand, les textes qui les instaurent,….