L’onde de choc provoquée par le rappel à Dieu de l’actrice Halima Gadji continue de libérer la parole sur des sujets souvent tus dans l’espace public sénégalais. Dans ce contexte de deuil collectif, Pape Cheikh Diallo a choisi de briser l’armure médiatique pour aborder la question centrale de la santé mentale. L’animateur, habitué aux lumières des plateaux, a livré un témoignage personnel sur la manière dont cette disparition a affecté sa propre capacité à exercer son métier.
C’est à travers une vidéo relayée par nos confrères de Kawtef que Pape Cheikh Diallo s’est exprimé, non pas seulement en tant que figure publique, mais en tant qu’homme touché par ce qu’il qualifie de « méchanceté humaine » et par les pressions psychologiques inhérentes à la société actuelle. L’animateur a confié avoir été physiquement incapable de se rendre à son travail le jour où la nouvelle du décès est tombée, se disant contraint de marquer une pause pour se recentrer.
Au-delà de cette absence ponctuelle, il a levé le voile sur une réalité plus intime qui contraste avec l’image renvoyée par la télévision. Dans un moment de vulnérabilité assumée, il a admis qu’il lui arrive de pleurer la nuit avant de trouver le sommeil. Une confession destinée à rappeler que la souffrance émotionnelle traverse toutes les couches sociales et ne s’arrête pas aux portes de la célébrité.
Pour se prémunir contre cet environnement jugé parfois violent psychologiquement, Pape Cheikh Diallo prône une posture radicale : la nécessité de devenir « égoïste » pour sa propre survie. Il invite chacun à ériger sa santé mentale en priorité absolue, quitte à être jugé pour cela. Selon lui, « se choisir » est un mécanisme de défense indispensable. Son intervention se conclut par un appel à davantage d’humanité dans les rapports sociaux, soulignant que l’équilibre psychique n’est ni un luxe, ni une faiblesse, mais une exigence vitale.