Alors que la publication de documents américains liés à l’affaire Jeffrey Epstein continue de provoquer des remous au sein de la classe politique, l’éventualité d’une investigation menée par les députés vient d’être écartée. Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a rejeté cette option mardi, invoquant la nécessité de ne pas empiéter sur le terrain des magistrats.
Interrogée sur les ondes d’Europe 1, la titulaire du perchoir a clairement signifié son opposition à la création d’une commission d’enquête parlementaire sur le volet français du dossier, une demande portée par le groupe La France Insoumise. Pour Yaël Braun-Pivet, l’initiative politique risquerait d’entrer « en concurrence avec la justice ». Selon elle, il appartient exclusivement à l’institution judiciaire, qui doit pouvoir être saisie, de « faire toute la lumière » sur les implications hexagonales révélées par les documents diffusés fin janvier par le département américain de la Justice.
Cette prise de position freine la démarche des députés LFI, qui réclamaient une commission « transpartisane ». L’objectif affiché par les parlementaires était d’offrir une tribune aux éventuelles victimes pour témoigner, mais aussi de scruter d’hypothétiques « ingérences » ou des circuits de « financements » impliquant des partis politiques français.
Le dossier a connu un nouveau rebondissement début février avec la déclassification par la justice américaine de plus de trois millions de pages supplémentaires, incluant des vidéos et des images où apparaissent les noms de plusieurs personnalités françaises. Ces éléments, relayés notamment par l’agence Anadolu, ont réactivé les soupçons sur l’étendue du réseau du criminel sexuel en France.
Les répercussions de ces révélations se font déjà sentir au-delà de l’hémicycle. L’ancien ministre de la Culture, Jack Lang, a récemment proposé sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA), une fonction qu’il occupe depuis 2013. Cette décision survient après l’ouverture d’une enquête par le Parquet national financier (PNF), qui cherche à établir l’existence de liens d’intérêt financier entre l’homme politique et Jeffrey Epstein.