Alors que des millions de musulmans à travers le monde ont entamé le mois sacré, la communauté internationale observe une entrée en matière en ordre dispersé. Si une partie du Moyen-Orient a validé l’observation du croissant lunaire pour un début ce mercredi, d’autres capitales influentes ont pris une décision différente, marquant une rupture de calendrier. Mais au-delà de ces divergences rituelles, c’est la situation humanitaire dans l’enclave palestinienne qui retient l’attention, où le jeûne commence dans des conditions de dénuement extrêmes.
Une division géographique et rituelle
L’Arabie Saoudite, gardienne des lieux saints, a confirmé l’observation du croissant lunaire mardi soir, fixant le début du Ramadan à ce mercredi. Riyad a été suivi dans cette décision par le Qatar, les Émirats arabes unis, le Koweït, Bahreïn, ainsi que par les autorités religieuses de Palestine. En Afrique, le Soudan, la Somalie et Djibouti se sont alignés sur cette date, tout comme les communautés sunnites d’Irak et du Liban.
Cependant, une partie significative du monde musulman a annoncé un décalage de 24 heures. Selon Al Jazeera, l’Égypte, par la voix de son mufti Nazir Ayyad, a déclaré que la lune n’avait pas été observée, repoussant le début du mois sacré à jeudi. Cette position est partagée par la Jordanie, la Syrie, l’Iran, le Pakistan, l’Indonésie, la Malaisie et la Tunisie. Des pays s’appuyant sur les calculs astronomiques, comme la Turquie, Oman ou encore l’Australie, ont également fixé l’échéance à jeudi.
Gaza : un Ramadan sous le signe de la survie
Pour les Palestiniens de Gaza, ce mois de spiritualité s’ouvre dans un contexte dramatique. Les tables garnies d’avant-guerre, il y a plus de deux ans, ont laissé place aux files d’attente pour les distributions d’aide. Les familles organisent désormais leur journée de jeûne non pas autour des prières, mais en fonction des horaires des soupes populaires.
La situation sur le terrain contredit les termes de l’accord en vigueur. Selon nos informations, le texte de la « trêve » conclu début octobre prévoyait l’entrée quotidienne d’au moins 600 camions d’aide humanitaire dans la bande de Gaza. Un chiffre qui, dans les faits, est loin d’être atteint, Israël continuant de restreindre l’accès aux vivres et à l’eau potable. Depuis l’entrée en vigueur de cet accord censé apaiser la situation, plus de 600 Palestiniens ont perdu la vie sous les frappes continues.
Tensions accrues à Jérusalem-Est
À Jérusalem-Est occupée, l’atmosphère est tout aussi électrique. Si des milliers de fidèles ont pu remplir les esplanades de la mosquée Al-Aqsa pour les prières de Tarawih, la présence policière israélienne reste massive à l’intérieur même du complexe. Les autorités ont intensifié les mesures de sécurité autour de la Vieille Ville, multipliant les arrestations et les interdictions d’accès.
Les chiffres rapportés par le Gouvernorat de Jérusalem illustrent ce durcissement : depuis le début de l’année 2026, plus de 250 arrêtés interdisant à des Palestiniens l’accès à Al-Aqsa ont été émis. En Cisjordanie occupée, les opérations militaires et les attaques de colons se poursuivent, exacerbant un climat déjà explosif en ce début de mois sacré.