Que serait votre vie sans promesses ? (Par: Alioune Ndao)

Que serait votre vie sans promesses ? (Par: Alioune Ndao)

On est toujours au Sénégal, où vivent les Sénégalais, ces êtres supérieurs à tous les autres, qui se réveillent tard, mais vous racontent le magnifique lever de soleil de leur rêve du petit matin. Au Sénégal, quand les Sénégalais vous parlent de ce qu’ils savent le plus, c’est pour vous en exprimer leur ignorance totale. Quand, aussi, ils vous parlent de ce qu’ils ignorent, vous avez l’impression qu’ils ont été à la base de l’existence de cette chose là. Y a pas à dire, si au Sénégal, il n y a pas de cirque avec des jongleurs et des voltigeurs, c’est qu’en fait, ce pays en est un, à ciel ouvert. Le pire dans tout ça, c’est que ces maîtres de l’esbroufe pensent qu’ils peuvent jongler avec le temps, le suspendre, l’assommer ou même le tuer en le remplissant de verbiages, de palabres sans issue. Tous les sujets sont bons, pourvu qu’ils mènent à tout, sauf au TRAVAIL. Le Sénégal est l’un des rares pays au monde, si ce n’est le seul, où parler peut rapporter gros et dont vous pouvez aussi vivre. Parler est tellement important dans ce pays, que celui qui ne peut le faire aura du mal à prendre l’ascenseur social.
Cela, des gens plus malins que les autres, l’ont appris comme les acteurs de théâtre, avec les mimiques, la diction, les effets de manche et le rôle. Ce sont les politiciens. Si parler, c’est pour dire quelque chose, chez ces gens –là, parler, c’est pour ne rien dire, mais le dire de belle manière, à tel point que demain, personne ne pourra leur dire que « vous aviez dit ». « Vous aviez dit », la phrase détestée, honnie et inacceptable par tous les politiciens. Je me demande bien, pourquoi y a des maniaques du souvenir qui tiennent à rappeler à ces messieurs du verbe, ces magiciens de la parole, ces artistes-virtuoses de la promesse facile qui les ont fait rêver, presque vivre un monde meilleur où se fatiguer ne serait-ce que pour manger ou aller au petit coin est presque inimaginable ,pour leur rappeler des choses dont ils ont entendu dire qu’ils l’ont dites ? Des ingrats à qui ces Nostradamus avaient donné des moments de croire en ce monde, qui avaient vu cette vallée de larmes qui abrite leur existence sans vue, se transformer en un Eden verdoyant avec des hamacs suspendus, où l’on tend juste la main pour cueillir les fruits des arbres qu’on a même pas plantés et osent aujourd hui, leur reprocher de ne pas les avoir réveillés au moment de la migration vers des endroits plus fertiles.
Est-ce que, c’est de leur faute, si, ces ingrats d’aujourd’hui les ont mal écoutés, donc, mal interprétés leurs paroles. Pourquoi, ont-ils voulu comprendre seulement que le NOUS utilisé, les concernait. Pourquoi voudraient-ils leur reprocher leur propre incapacité à décrypter les mots ? Et puis, pourquoi les écouter quand ils parlent ? Est-ce qu’on vous payés pour perdre votre temps à boire leurs paroles ? Soyez heureux qu’ils ne vous fassent pas payer le prix de votre ivresse. Et puis, depuis quand les barmen remboursent la gueule de bois ? Vous devez connaître le secret mes chers buveurs, une gueule de bois se soigne par une autre cuite. Et qui a bu, boira. Alors !
De plus, y a des objecteurs de consciences qui essaient de sortir ces braves militants de la facilité de leurs convictions en leur disant que « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». Quel mensonge ! La réalité, c’est que « ceux qui ne croient en aucune promesse, en quoi croiront-ils ? ». Est-ce de leur faute, si le monde évolue à cette vitesse supersonique qui fait que ‘’ Vérité de toute de suite, est mensonge la seconde d’après’’ ? Est-ce de leur faute, si PI n’est plus 3.14 ?
Qui a dit qu’ils ne tiennent pas parole ?
Ils vous avaient bien prédit un Paradis où vous vous prélasserez à l’ombre, ne travailleraient point pour vivre, des femmes faciles, du vin ou du bissap et des victuailles à profusion pour ceux qui croient en eux. N’est ce pas le cas ?
Aux autres, ils avaient promis l’enfer où règne une chaleur d’étuve, des êtres aux yeux rouges et aux mains calleuses, dont aucune femme ne veut qui chercheraient leur pitance de l’aube au crépuscule ? N’est ce pas le cas ?
Leurs promesses ne sont-elles pas tenues ?
La vérité est que, ne sont mécontents que ceux à qui, on a rien promis ou n’ont écouté les promesses.
Et puis que serait le monde sans promesses ? Où irait le monde, sans les prometteurs ? Que deviendraient les accros des promesses dans ce monde vidé de tout espoir de ne rien faire pour s’en sortir ?
Au Sénégal, la parole remplit bien la marmite. Y a qu’à demander aux griots et à leurs imitateurs qui sont de plus en plus nombreux.

2 COMMENTAIRES
  • Baldecito
  • momar mbengue

    tres heureux de te lire, et pas surpris de la consistance.

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