Alors que le numéro deux mondial Jannik Sinner a validé son billet pour le troisième tour de l’Open d’Australie avec une autorité déconcertante, la qualification de Naomi Osaka a pris une tournure bien plus électrique jeudi à Melbourne. Si l’Italien a déroulé son tennis sans encombre, l’ancienne numéro un mondiale a dû batailler non seulement contre son physique, mais aussi contre une atmosphère devenue soudainement délétère sur le court.
Le contraste entre les deux rencontres est saisissant. Sur la Rod Laver Arena, le tenant du titre Jannik Sinner a livré une prestation immaculée face à l’Australien James Duckworth. En s’imposant 6-1, 6-4, 6-2, l’Italien a confirmé une statistique impressionnante relayée par Al Jazeera : il s’agit de sa 27e victoire consécutive contre des joueurs australiens sur le circuit principal. Une série d’autant plus symbolique que sa dernière défaite face à un représentant de ce pays remontait justement à un match contre Duckworth, à Toronto en 2021.
Pour Naomi Osaka, la route vers le troisième tour s’est avérée nettement plus sinueuse face à la Roumaine Sorana Cirstea (6-3, 4-6, 6-2). La Japonaise, titrée à Melbourne en 2019 et 2021, a dû faire appel au kinésithérapeute alors qu’elle menait 3-1 dans la manche décisive, visiblement gênée dans ses déplacements. C’est pourtant dans ce contexte physique incertain que la tension est montée d’un cran entre les deux joueuses.
L’incident qui a marqué la fin de rencontre ne concerne pas une décision arbitrale, mais l’attitude de la Japonaise entre les points. Sorana Cirstea, qui dispute probablement son dernier Open d’Australie avant sa retraite annoncée, a vivement reproché à Osaka ses encouragements bruyants. La Roumaine n’a pas apprécié les « Come on » répétés par son adversaire entre son premier et son second service, y voyant un manque de respect flagrant.
Interrogée sur cet accrochage verbal à l’issue du match, Naomi Osaka a tenté de désamorcer la situation tout en justifiant son besoin d’intensité. « Il y a eu apparemment beaucoup de ‘come on’ qui l’ont mise en colère. J’essayais juste de bien jouer », a expliqué la Japonaise, reconnaissant avoir commis beaucoup de fautes directes et cherché à s’encourager. Elle a conclu par une note d’apaisement envers la vétérane de 35 ans : « C’est une grande joueuse. Je suis désolée qu’elle se soit énervée à ce sujet. »
Au prochain tour, les deux qualifiés poursuivront leur parcours face à des adversaires aux profils différents. Jannik Sinner, qui a passé moins de trois heures sur le court, affrontera l’Américain Eliot Spizzirri. De son côté, Naomi Osaka devra récupérer rapidement pour faire face à l’Australienne Maddison Inglis, issue des qualifications.