C’est au cœur de l’archipel Karone, dans une zone où l’équilibre entre l’homme et l’eau est vital, que s’est tenue la cérémonie officielle marquant une date clé pour l’environnement au Sénégal. L’événement, centré sur la préservation des écosystèmes fragiles, a mis en lumière une localité spécifique de la commune de Kafountine, choisie pour son patrimoine écologique exceptionnel et le mode de vie de ses habitants.
Le village de Boune a accueilli l’édition 2026 de la Journée mondiale des zones humides, célébrée le 2 février. Selon nos informations, relayées par Sud Quotidien, le thème de cette année, « Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le patrimoine naturel », résonne particulièrement dans cette partie de la Casamance. Les îles karones sont en effet réputées pour l’attachement culturel et cultuel que leurs populations vouent à la nature, un lien salué par les autorités présentes.
**Une réserve ornithologique d’importance capitale**
Le choix de ce site ne doit rien au hasard. La zone abrite la réserve ornithologique de Kalissaye (ROK). Créée en 1978 et s’étendant sur 16 hectares, cette aire protégée est classée zone d’importance pour la conservation des oiseaux (ZICO). Elle s’intègre dans un vaste complexe estuarien de près de 30 000 hectares, mêlant îles forestières, mangroves et bancs de sable à l’embouchure du fleuve Casamance.
Ce sanctuaire constitue un point névralgique pour la biodiversité. Il sert de refuge aux oiseaux migrateurs tels que les limicoles et les laridés, tout en offrant un site de reproduction pour le pélican gris et l’aigrette ardoisée. La réserve joue également un rôle crucial pour la faune marine, servant de site de ponte pour la tortue verte et de zone d’alimentation pour le dauphin à bosse de l’Atlantique. La bonne santé du parc ostréicole de Boune a d’ailleurs été soulignée lors de la cérémonie.
**L’engagement communautaire face aux défis environnementaux**
Le colonel Pathé Baldé, de la Direction des parcs nationaux, a mis en avant la relation harmonieuse que les insulaires entretiennent avec leur environnement. Il a encouragé les populations locales à renforcer cette protection, s’appuyant sur la richesse de leurs savoirs traditionnels. Cette journée a permis de sensibiliser les communautés aux menaces actuelles, notamment la pollution, le drainage et l’occupation anarchique des sols.
Les autorités locales, représentées par la première adjointe au maire de Kafountine, Mme Diénéba Sambou, ainsi que les conservateurs des aires protégées environnantes, ont assisté à l’événement aux côtés des élèves des villages voisins (Saloulou, Boko, Kaïlo). Le chef du village de Boune a réaffirmé la volonté des habitants de veiller sur leur cadre de vie, tout en sollicitant l’accompagnement de l’État pour améliorer les conditions d’existence des populations insulaires.