Propos du Général Tiani contre Alassane Ouattara : La mesure prise par Abidjan à l’encontre du représentant diplomatique nigérien

La tension diplomatique entre Niamey et Abidjan franchit un nouveau palier. Alors que les relations entre les régimes militaires de l’Alliance des États du Sahel (AES) et certains pays de la CEDEAO restent complexes, les récentes déclarations du chef de l’État nigérien ont provoqué une réaction immédiate des autorités ivoiriennes ce vendredi.

Le ministère ivoirien des Affaires étrangères a réagi officiellement aux accusations formulées par le général Abdourahamane Tiani. Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, l’ambassadeur du Niger à Abidjan, Badamassi Alfari Sita Sahida Djarori, a été convoqué par les autorités ivoiriennes. Cette démarche diplomatique fait suite à une allocution dans laquelle le dirigeant nigérien mettait directement en cause le président Alassane Ouattara.

Dans un communiqué officiel, le gouvernement ivoirien a exprimé sa « vive indignation » face à des propos jugés « contraires aux usages diplomatiques ». Abidjan condamne « avec la plus grande fermeté » ces déclarations, estimant qu’elles portent atteinte à l’honneur et à la dignité du chef de l’État ainsi qu’au peuple ivoirien. Les autorités ont profité de cet entretien avec le diplomate nigérien pour rappeler leur attachement au dialogue et à la paix dans la sous-région, tout en précisant qu’elles ne toléreraient pas d’actes compromettant les relations bilatérales.

À l’origine de cette convocation, une sortie médiatique du général Tiani sur la radio publique La Voix du Sahel. Le chef de la junte, au pouvoir depuis juillet 2023, a accusé les présidents ivoirien Alassane Ouattara, béninois Patrice Talon et français Emmanuel Macron d’être les « sponsors » d’une attaque survenue dans la nuit de mercredi à jeudi à Niamey. Cette offensive, qui visait l’aéroport international Diori-Hamani et la base militaire 101, s’est soldée par la mort de 20 assaillants selon le bilan fourni par Niamey.

Le Bénin, également ciblé par ces accusations, a rejeté ces allégations par la voix de son porte-parole, Wilfried Léandre Houngbédji, qualifiant les propos de manque de crédibilité. Ces événements s’inscrivent dans un contexte de détérioration continue des relations entre le Niger et plusieurs de ses voisins ouest-africains depuis le renversement du président Mohamed Bazoum.

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