La tension énergétique entre Budapest et Kiev vient de franchir un nouveau cap, s’étendant désormais à l’échelle européenne. À la suite de la mise à l’arrêt d’un oléoduc crucial, le gouvernement hongrois a acté une série de mesures de rétorsion affectant à la fois l’Ukraine et les décisions de Bruxelles.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a annoncé ce dimanche qu’il opposera son veto au vingtième paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie. Cette décision diplomatique est directement conditionnée à la relance de l’oléoduc Druzhba, dont les vannes sont actuellement fermées.
Dans une déclaration publiée sur le réseau social X, le chef du gouvernement a détaillé les contre-mesures immédiates prises pour garantir l’approvisionnement en carburant de son pays. Celles-ci se traduisent par la suspension totale des exportations hongroises de diesel vers l’Ukraine, couplée à un refus catégorique d’accorder de nouveaux prêts militaires à Kiev. « Aucun soutien aux sanctions ; le 20e paquet de sanctions sera rejeté », a-t-il fermement souligné.
Cette crise trouve son origine dans une attaque survenue le 27 janvier, qui a interrompu les flux de cet axe d’approvisionnement stratégique pour l’Europe centrale. Budapest, tout comme Bratislava, accuse les autorités ukrainiennes d’exploiter cette situation à des fins politiques en entravant délibérément la poursuite des livraisons de brut. En solidarité et en guise de représailles, la Slovaquie a d’ailleurs imité la Hongrie en gelant ses propres livraisons de diesel à destination de l’Ukraine.
Mis en service en 1964, l’oléoduc Druzhba, historiquement surnommé « oléoduc de l’Amitié », demeure l’un des plus vastes réseaux au monde. Son infrastructure est indispensable à l’acheminement du pétrole russe vers plusieurs États d’Europe centrale et orientale.