« Principaux facteurs de la pauvreté » : Le profil des acteurs africains mis en cause dans une tribune appuyée sur les écrits de Me Wade

C’est une réflexion qui prend le contre-pied des analyses habituelles imputant le retard du continent exclusivement aux ingérences étrangères. Dans une contribution publiée par Le Quotidien, El Hadji Mbaye Diop, étudiant en Master 2 de Droit privé à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, réactive la pensée de l’ancien président Me Abdoulaye Wade pour identifier un frein interne au développement de l’Afrique.

S’appuyant sur l’ouvrage Un destin pour l’Afrique, l’auteur dresse un constat sévère sur l’état d’esprit d’une partie de l’élite intellectuelle et propose des pistes de sortie de crise basées sur les ressources endogènes.

Le pessimisme des élites pointé du doigt

Au cœur de l’argumentaire développé par le juriste de l’UGB se trouve une critique virulente de ce qu’il nomme les « intellectuels cagneux ». Reprenant les écrits de Me Wade, la tribune fustige ces penseurs, professeurs et théoriciens africains qui valident, souvent inconsciemment, les thèses occidentales sur l’incapacité du continent à se développer. Selon l’auteur, ces figures publiques, par leur « pessimisme galopant » diffusé dans les amphithéâtres et les médias, constituent les « principaux facteurs de la pauvreté africaine ».

L’analyse suggère que ce discours défaitiste pervertit la jeunesse en la rendant « psychologiquement et sociologiquement impuissante ». Pour El Hadji Mbaye Diop, il s’agit d’une forme de renoncement au combat mené par les figures historiques telles que Patrice Lumumba, Thomas Sankara ou Cheikh Anta Diop. La tribune insiste sur l’absence de fatalité théologique ou naturelle condamnant l’Afrique à la stagnation.

Ressources, corruption et souveraineté alimentaire

Au-delà de la critique des mentalités, le texte aborde les causes structurelles du sous-développement. L’auteur rappelle les données de l’ONU concernant les richesses du sol africain : 30% des réserves minérales mondiales, 40% de l’or et 65% des terres arables. Le paradoxe souligné réside dans la gestion défaillante et le « bradage excessif » de ces ressources au profit d’une minorité.

La corruption est identifiée comme un fléau systémique touchant tous les secteurs, de la police à la société civile. Sur le plan alimentaire, la tribune juge « révoltant » le recours aux importations de denrées de première nécessité alors que le continent dispose du potentiel pour nourrir la population mondiale. L’auteur appelle à une politique endogène stricte, refusant l’aide de bailleurs de fonds dont l’intervention sur cinq décennies n’a pas endigué la pauvreté.

Les leviers du redressement : unité et technologie

Pour inverser la tendance, trois solutions majeures sont avancées dans cette contribution. D’abord, l’urgence de concrétiser l’unité africaine, jugée encore trop théorique, et de repenser l’Union africaine pour s’affranchir des tutelles. La Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) est citée comme une idée pertinente, bien que freinée par un manque de sincérité politique.

Ensuite, le transfert de technologie et la maîtrise des sciences sont présentés comme impératifs, en prenant pour modèle la trajectoire de la Chine depuis les années 1960. Enfin, la question démographique est abordée sans tabou : face au doublement prévu de la population d’ici 2050, l’auteur préconise une politique de régulation proportionnelle à la croissance économique, qualifiant cette mesure de « choix de responsabilité » plutôt que de contrainte.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire