Présentée comme preuve des violences à l’Ucad, la vidéo du ministère de l’Intérieur fait face à une datation contradictoire

Face à la presse, quatre ministres se sont succédé pour tenter d’apaiser la tension née des incidents tragiques à l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad), marqués par le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba. Si le ministre des Forces armées, Birame Diop, a privilégié un discours d’apaisement en rappelant que « le Sénégal est une famille », l’exercice de communication gouvernementale s’est heurté à des éléments factuels contradictoires, notamment sur les circonstances du drame et les preuves avancées pour justifier l’intervention des forces de l’ordre.

**Une autopsie qui décrit une violence extrême**

Au-delà des discours officiels, les conclusions médico-légales apportent un éclairage cru sur les causes du décès d’Abdoulaye Ba. Selon les informations rapportées par *Le Quotidien*, le rapport d’autopsie fait état de « très graves blessures internes » consécutives à des chocs violents. Le document médical détaille un traumatisme crânien accompagné d’une hémorragie cérébrale, de multiples fractures aux côtes et une perforation grave des poumons ayant entraîné une accumulation de sang dans la cage thoracique. Des lésions ont également été constatées au niveau du cœur, du rein gauche et de la rate.

La ministre de la Justice a assuré que le parquet avait été saisi « dès les premières heures » pour situer les responsabilités, promettant un processus « sans faiblesse ni protection ». Toutefois, cette promesse de transparence fait face au scepticisme d’une partie de l’opinion, échaudée par l’absence de suites connues lors des précédents incidents de Cambérène et de Rosso Sénégal.

**La preuve vidéo du ministère mise en défaut**

Pour légitimer la présence policière dans l’enceinte universitaire, le ministère de l’Intérieur a diffusé une séquence vidéo montrant un étudiant en possession d’un cocktail Molotov. Cette pièce à conviction, censée illustrer la violence des manifestants lors des événements récents, a été rapidement contestée.

L’organisation de vérification des faits Africa Check a indiqué que les images projetées sont antérieures au 9 février 2026. Par conséquent, la vidéo n’a pas été filmée lors des heurts spécifiques ayant conduit à la mort d’Abdoulaye Ba, fragilisant ainsi l’argumentaire sécuritaire déployé par les autorités sur la gestion de cette crise précise.

**Des engagements financiers en question**

Sur le volet académique, le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom, a affirmé qu’il n’existait aucun arriéré de bourses. Une déclaration qui contraste avec les engagements pris lors de la crise de novembre-décembre 2025, où le paiement des rappels avait été annoncé pour février 2026. À ce jour, les étudiants soutiennent n’avoir pas encore perçu ces fonds, alimentant le cycle de revendications au sein du campus social.

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