Pourparlers russo-ukrainiens à Abou Dhabi : L’obstacle extérieur précis que Moscou accuse de freiner les avancées notées

Une fenêtre diplomatique s’est ouverte aux Émirats arabes unis, loin du fracas des armes qui résonne depuis près de quatre ans sur le sol européen. Une nouvelle série de discussions entre la Russie et l’Ukraine se tient actuellement à Abou Dhabi, sous l’égide des États-Unis. Si la prudence reste de mise quant à l’issue de ces échanges, les émissaires des deux camps confirment une dynamique de travail active, bien que Moscou pointe du doigt des interférences extérieures jugées nuisibles au processus.

Les délégations russes et ukrainiennes ont entamé, ce jeudi, leur deuxième journée de consultations. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, ces discussions s’articulent autour d’un format trilatéral incluant des groupes de travail thématiques. L’objectif affiché est de parvenir à un alignement progressif des positions pour mettre un terme au conflit déclenché en février 2022.

Des progrès techniques sur fond d’accusations politiques

La partie russe, représentée par Kirill Dmitriev, émissaire du Kremlin pour les questions économiques, a fait état d’avancées notables. « Il y a sans aucun doute des progrès », a-t-il affirmé à la presse. Cependant, cette note d’optimisme a été immédiatement tempérée par une accusation directe envers le vieux continent. Sans nommer de pays ou d’institutions spécifiques, le diplomate russe a dénoncé la présence d’« instigateurs de la guerre en provenance d’Europe » qui chercheraient, selon lui, à « entraver ce processus » de paix.

Du côté de Kiev, le ton se veut également constructif. Le négociateur ukrainien Roustem Oumerov a qualifié les échanges de « substantiels et productifs », précisant que les travaux se concentrent sur « des mesures concrètes et des solutions pratiques ». Le président Volodymyr Zelensky espère que ces tractations aboutiront, « dans un avenir proche », à un nouvel échange de prisonniers. Ce mécanisme reste, à ce jour, l’un des rares résultats tangibles obtenus lors des précédents cycles de négociations, notamment ceux organisés en Türkiye en 2025.

La pression militaire maintenue

Malgré ces pourparlers, la réalité du terrain reste inchangée. Le Kremlin a réitéré sa position ferme par la voix de son porte-parole, Dmitri Peskov. Moscou avertit que l’offensive se poursuivra tant que Kiev n’aura pas accepté ses conditions. « Tant que le régime de Kiev n’aura pas pris la décision appropriée, l’opération militaire spéciale se poursuivra », a-t-il déclaré.

En parallèle de ces discussions aux Émirats, les alliés occidentaux de l’Ukraine réaffirment leur soutien. Nicolas Forissier, ministre délégué au Commerce extérieur de la France, a assuré depuis Kiev que Paris « ne baisse pas les bras » sur le plan économique. Une déclaration qui intervient alors que la France s’apprête à assurer la présidence du G7 en 2026.

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