Pour justifier les tensions actuelles, le chiffre astronomique de la dette non déclarée avancé par le chef du gouvernement

En déplacement dans le département de Guinguinéo pour une tournée de proximité, le Premier ministre a dressé un tableau sans concession de la situation nationale. Aux côtés du chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a profité de cette tribune pour expliquer les raisons des difficultés structurelles que traverse le Sénégal, pointant du doigt un héritage financier bien plus lourd que ce qui était officiellement annoncé.

L’étape de Fass Barigo a servi de catalyseur. Face aux doléances des populations réclamant l’accès à l’eau, à la santé et à l’éducation — des demandes inchangées selon lui depuis 66 ans — le chef du gouvernement a tenu à situer les responsabilités. Si le manque d’infrastructures est patent dans cette localité de la région de Kaolack, la cause racine résiderait dans la gestion des finances publiques par l’administration précédente.

C’est sur le volet purement économique que le leader de Pastef a livré l’information centrale de son intervention. Selon nos confrères de Sud Quotidien, Ousmane Sonko a révélé l’existence d’une dette souterraine massive qui grève les capacités d’investissement de l’État. Il évalue ce passif dissimulé à près de 7 000 milliards de FCFA. Une somme colossale qui, précise-t-il, présente la particularité de n’avoir jamais été soumise au vote de l’Assemblée nationale.

Cette ardoise non déclarée constituerait, d’après le Premier ministre, l’unique frein majeur à l’essor économique immédiat. Il a toutefois tenu à rappeler que malgré cette contrainte budgétaire, l’exécutif a réussi à initier des baisses sur les denrées de première nécessité et l’électricité, promettant une embellie progressive sur quelques années.

Sur la question sensible de la reddition des comptes, le discours se veut ferme mais cadré. Ousmane Sonko rejette toute accusation de règlement de comptes politique. Il martèle que les procédures en cours s’appuient exclusivement sur des rapports préexistants de la Cour des comptes, de l’IGE et de l’Ofnac. Pour illustrer son impartialité, il a lancé un avertissement direct à son propre camp, citant nommément Ismaïla Diallo, coordonnateur départemental de Pastef : tout détournement, même minime, entraînera une saisine immédiate de la justice.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire