Le bras de fer informationnel entre Moscou et Paris franchit un nouveau palier avec la publication, ce lundi, d’un communiqué du Service russe de renseignement extérieur (SVR). Dans ce document relayé par l’agence Anadolu, les services russes imputent à l’administration française une stratégie offensive visant à effacer ses récents échecs sur le continent par des actions ciblées contre des chefs d’État jugés hostiles.
Selon le SVR, ces revers successifs de la France en Afrique seraient perçus à l’Élysée comme une perte d’influence inacceptable. Le renseignement russe affirme que pour opérer un « retour politique » et contrer la montée des « forces patriotiques », le président Emmanuel Macron aurait autorisé ses services à déployer des méthodes extrêmes. Le communiqué évoque explicitement un plan d’élimination des « dirigeants indésirables », comparant cette approche aux opérations américaines menées par le passé contre le président vénézuélien Nicolas Maduro.
**Des accusations précises sur le Burkina Faso et le Mali**
Le document détaille plusieurs théâtres d’opérations présumés. Concernant le Burkina Faso, Moscou assure que l’implication française dans la tentative de déstabilisation du 3 janvier dernier est « établie ». Le projet aurait inclus, toujours selon les allégations du SVR, un plan d’assassinat visant le président Ibrahim Traoré, perçu par Paris comme un obstacle majeur en raison de son discours souverainiste.
Le Mali figure également au centre de ces accusations. Le service russe décrit une stratégie de déstabilisation visant à renverser le colonel Assimi Goïta. Les méthodes citées incluent des attaques contre des convois de ravitaillement, des blocus urbains et une collaboration supposée avec des groupes terroristes locaux. Le communiqué va plus loin en impliquant l’Ukraine, qui fournirait, selon Moscou, des instructeurs et des drones pour appuyer ces manœuvres dans la zone sahélo-saharienne.
**Madagascar, nouvelle cible citée**
Au-delà du Sahel, le renseignement russe pointe une ingérence présumée à Madagascar. Les autorités russes soutiennent que Paris chercherait à évincer le président Michael Randrianirina. Ce dernier, arrivé au pouvoir en octobre 2025, serait dans le viseur de l’ancienne puissance coloniale pour avoir choisi de renforcer ses liens avec les BRICS. L’objectif prêté à la France serait de réinstaller un régime plus favorable à ses intérêts.
Le communiqué conclut sur une critique virulente de la politique étrangère française, le SVR estimant que l’administration Macron échoue à se défaire d’une image de « métropole parasitaire » entravant le développement de ses anciens partenaires.
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