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Pont Émile Badiane au Sénégal : « L’heure est grave, le pont est dans un état grave », l’alerte des populations de Ziguinchor

Le collectif citoyen « L’Heure est Grave » a lancé un appel pressant aux autorités pour la réhabilitation du pont Émile Badiane à Ziguinchor. Lors d’un point de presse ce samedi, ses membres, aux côtés d’acteurs de la société civile et de transporteurs, ont mis en évidence l’état de dégradation avancé de cet ouvrage essentiel pour la Casamance.

Elhadji Camara, président du collectif, a détaillé les signes de vétusté observés sur le pont, inauguré il y a 46 ans. Selon les informations rapportées par Emedia, il a fait état de fissures prononcées, d’un effritement du béton, d’armatures métalliques désormais visibles et de vibrations jugées anormales lors du passage des poids lourds. Ces éléments, a-t-il précisé, commandent une intervention rapide et une expertise technique transparente.

Face à cette situation, le collectif a formulé plusieurs exigences. Celles-ci incluent le renforcement des dispositifs d’évaluation, la mobilisation rapide des financements nécessaires aux travaux, ainsi que la publication d’un audit technique actualisé. L’étude d’une limitation temporaire du tonnage des véhicules autorisés à traverser et l’établissement d’un calendrier précis pour la réhabilitation sont également demandés. « Le danger est permanent et les promesses ont duré, mais nous gardons confiance en la capacité de l’État à prendre les décisions appropriées », a souligné Elhadji Camara.

L’inquiétude est partagée par d’autres acteurs locaux. Madia Diop Sané, coordonnateur national du mouvement Vision citoyenne, a insisté sur l’urgence. « Nous ne voulons plus de promesses. L’heure est grave et le pont est dans un état grave. Il faut immédiatement réaliser ce pont », a-t-il affirmé. Ousmane Thiam, au nom des conducteurs de Ziguinchor, a également exhorté l’État à agir sans délai, déclarant : « Il faut réaliser ce pont pour espérer sauver des vies. La Casamance mérite un ouvrage moderne et sécurisé ».

Cette mobilisation intervient alors que le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé, vendredi dernier à l’Assemblée nationale, qu’une enveloppe de 50 milliards de francs CFA était prévue pour la reconstruction du pont. Ce financement s’inscrit dans le cadre du Plan de redressement économique et social (PRES). Les acteurs locaux ont accueilli cette annonce avec prudence, attendant désormais des actions concrètes et un échéancier clair pour la mise en œuvre des travaux.

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