Une vidéo authentifiée par RFI révèle que le pétrolier russe Mersin, qui avait subi une importante voie d’eau en salle des machines le 27 novembre 2025 au large de Dakar, a été visé par des charges explosives posées à des points stratégiques du navire. Les images permettent de constater qu’une intervention humaine extérieure est à l’origine de l’incident.
Selon les experts militaires consultés, la coque du Mersin présente quatre brèches majeures, dont la plus grande laisse apparaître une tuyauterie partiellement dégradée. La localisation précise des impacts, sous la ligne de flottaison, et la propagation de microfissures autour de chaque brèche laissent penser à l’usage de mines magnétiques posées par des plongeurs.
Chaque brèche aurait nécessité au minimum cinq kilos d’explosif, selon un ingénieur spécialisé dans le secteur pétrolier offshore.
Le ciblage concentré sur la salle des machines semble avoir pour objectif de neutraliser le navire sans provoquer de catastrophe environnementale majeure, alors que le Mersin transportait 39 000 tonnes de carburant. Seule une puissance disposant de capacités techniques avancées en plongée et sabotage maritime pourrait avoir mené une opération d’une telle précision.
Il s’agirait de la première attaque de ce type visant un navire suspecté d’appartenir à la « flotte fantôme » russe dans les eaux africaines. Aucune identification des auteurs n’a été possible à ce jour. Les experts soulignent toutefois que l’attaque pourrait constituer un message de mise en garde adressé à Moscou.
Le Mersin, immobilisé à une vingtaine de kilomètres de Dakar depuis deux mois, a depuis été stabilisé et ses brèches colmatées, selon le Port autonome de Dakar, qui avait dépêché des plongeurs pour inspecter le navire quelques jours après l’incident.