Pape Diouf après sa garde à vue: « J’ai été couvert de boue »

Pape Diouf après sa garde à vue: « J’ai été couvert de boue »

Au lendemain de sa libération après 36 heures de garde à vue, Pape Diouf, ancien président de l’OM interrogé dans le cadre de l’enquête sur des transferts présumés frauduleux à Marseille, a réservé son premier entretien à rmcsport.fr dans lequel il s’interroge encore sur la pertinence de sa garde à vue. Et sur la manière dont la justice a traité « son cas ».

Pape, comment s’est déroulée votre garde à vue ?

J’ai presque envie de dire très bien si je me limite à la manière dont j’ai été interrogé par les policiers qui ont été d’une grande cordialité et correction, et la manière dont les Marseillais m’ont accueilli dans les geôles.

Et sinon ?…

Sinon, je suis absolument ébouriffé, étonné, surpris d’avoir été dans cette affaire, dans cette garde à vue puisqu’à la sortie des 36 heures, je suis incapable de vous donner la moitié d’un grief qui m’aura été fait. Je dis bien la moitié, je pourrais même dire le huitième d’un grief qui m’a été fait. Ni sur des documents que j’aurais signé ou pas, ni sur des décisions que j’aurais prises lors de ma présidence et qui requerraient une explication. Absolument rien de tout cela. Aujourd’hui encore, Je me pose des questions. Je me demande encore si le droit c’est ça. J’ai le plus grand respect, la plus grande considération pour l’institution judiciaire mais vue la manière dont les choses se sont passées pour moi, je me détourne carrément de cette justice.

Avez-vous le sentiment qu’une simple convocation aurait fait l’affaire ?

J’ai presque envie de dire une convocation à ma discrétion, en me demandant le jour où je serais disponible. C’est vous dire à quel point les questions qui m’ont été posées servaient à la compréhension de l’instruction, et non pas à me clouer au pilori ou me reprocher quoi que ce soit. Rien ne m’a été reproché. Du reste, dans les attitudes et les propos des policiers, je sentais qu’ils avaient la conviction de ne pas pouvoir tirer quoi que ce soit de moi, pour ne pas dire que j’étais complètement en dehors de toute action délictueuse.

A aucun moment, on ne vous a « cuisiné » sur un transfert en particulier ?

Ni le transfert de Samir Nasri, dont j’aurai l’occasion de toute façon de parler et de reparler définitivement, ni le transfert de Drogba, puisque là aussi il paraît que cela a été dit, ni de rien du tout. Rien dans la gestion antérieure qui a été la mienne n’a été véritablement évoqué, n’a été dit. Les seules questions dont j’ai été l’objet, c’étaient, à la limite, des questions de compréhension. Comment on gère un club ? Comment on fait un transfert ? Comment on peut signer un contrat ? Comment on peut le prolonger ?

Qu’est-ce qui vous a le plus blessé durant cette garde à vue ?

C’est quand on se dit que tout ce qu’on a fait dans sa vie, dans une seule décision, on vous la salit. C’est ça qui m’a le plus touché, le plus déchiré et m’amènera à dire ce que je pense. Je ne suis pas de ceux qui disent qu’il faut laisser la justice faire son travail. Je ne suis pas dans ce type de clichés. Je respecte la justice, mais dans cette affaire-là, cette institution s’est complètement manquée car moi, en ce qui me concerne, rien ne m’a été reproché. Pas un seul.

Vous a-t-on donné des explications ou précisions ?

L’explication que le juge m’a fournie est qu’il s’agit d’une affaire globale dans laquelle il souhaitait que tous les gens soient mis à la même enseigne. Mais même dans cet échange avec le juge, j’ai senti chez lui une espèce de gêne. Quelque part, il était convaincu que je n’avais pas ma place là où j’étais en garde à vue. Il avait peut-être besoin de mes lumières pour comprendre certaines choses, mais il n’y avait pas besoin de prendre une telle mesure.

Le hasard a fait que cette vague de gardes à vue a coïncidé avec les forts soupçons de matches truqués en Ligue 2…

L’amalgame qui a pu en être fait, je m’en fous ! Que le football ait été sali, ça ne me touche même pas. La seule chose qui m’importait dans cette affaire, c’est ma personne et la manière dont j’ai été couvert de boue. C’est absolument insupportable car ce genre de choses peut détruire une réputation.

Un dernier mot, tout de même, sur le fait que les projecteurs soient une fois de plus braqués sur l’OM…

Je suis convaincu que les choses qui sont reprochées à l’OM, il n’est pas difficile de les reprocher de la même manière aux autres clubs et dans d’autres villes.

RMC Sports

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