Nucléaire : Qualifiant l’accord précédent de « mal négocié », la réponse tranchée de Donald Trump à la proposition russe

Alors que les inquiétudes grandissent quant à une possible course aux armements suite à l’expiration récente des limites sur les déploiements stratégiques, Washington et Moscou peinent à trouver un terrain d’entente. Face à une offre précise du Kremlin visant à maintenir le statu quo, le président américain a opposé une fin de non-recevoir, privilégiant une toute autre approche diplomatique pour l’avenir de la sécurité mondiale.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Donald Trump a rejeté la proposition de son homologue russe, Vladimir Poutine, qui suggérait une extension volontaire des limites récemment expirées sur le déploiement d’armes nucléaires stratégiques. Le président américain a clairement indiqué jeudi qu’il ne souhaitait pas prolonger les anciens termes, mais plutôt voir les négociateurs des deux puissances s’asseoir pour élaborer un pacte inédit.

Sur son réseau social Truth Social, le chef d’État américain a qualifié l’ancien traité New START de « mal négocié ». Il estime que les experts nucléaires doivent désormais travailler sur un traité « nouveau, amélioré et modernisé » capable de s’inscrire dans la durée, plutôt que de reconduire un accord qu’il juge violé et désavantageux pour les États-Unis.

L’ambition affichée par la Maison Blanche va au-delà du simple bilatéralisme. Donald Trump a réitéré son souhait d’inclure la Chine dans cette nouvelle architecture de sécurité, bien que Pékin ait jusqu’ici montré peu d’intérêt pour une telle participation. Cette position américaine laisse le champ libre à une augmentation potentielle des arsenaux, l’expiration du pacte signifiant la levée des restrictions sur le nombre de têtes nucléaires et de missiles.

La réaction de Moscou ne s’est pas fait attendre. Le Kremlin a exprimé ses regrets face à la fin de cet accord vieux de plusieurs décennies. Dmitry Peskov, porte-parole de la présidence russe, a affirmé que la Russie continuerait d’adopter une approche « responsable » concernant la stabilité nucléaire, tout en précisant qu’elle serait désormais guidée « principalement par ses intérêts nationaux ».

Des discussions informelles ont pourtant eu lieu. D’après le correspondant d’Al Jazeera à Washington, des délégations américaines et russes présentes à Abu Dhabi pour évoquer la guerre en Ukraine auraient discuté d’une extension de six mois du traité New START. Il s’agissait d’envisager un accord verbal (« handshake deal ») pour permettre le lancement de discussions formelles, le traité lui-même ne prévoyant plus de clauses de prolongation officielle.

Pour rappel, le traité New START, signé en 2010 par Barack Obama et Dmitri Medvedev, limitait chaque pays à 1 550 têtes nucléaires déployées. Il avait été prolongé de cinq ans en 2021 sous l’administration Biden. Son expiration marque une rupture dans le contrôle des armements stratégiques établi depuis la fin de la Guerre froide.

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