Nouvelle-Zélande : La justification des « bienfaits » de la colonisation par le vice-Premier ministre provoque une rupture lors des commémorations

Les célébrations du traité de Waitangi en Nouvelle-Zélande ont pris une tournure particulièrement houleuse ce vendredi. Alors que le pays commémore son acte fondateur, le vice-Premier ministre David Seymour a fait face à une hostilité marquée et bruyante lors de sa prise de parole. En cause, une lecture très personnelle de l’histoire coloniale britannique exprimée la veille, brisant le consensus habituel de ces cérémonies officielles.

David Seymour, qui est lui-même d’origine maorie et dirige le parti de droite ACT, a déclenché les sifflets en maintenant fermement que la colonisation avait constitué une expérience globalement « positive » pour les populations autochtones. Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, le responsable politique a rejeté les critiques qualifiant la période coloniale de destructrice. « Je suis toujours étonné par ce bourdonnement myope selon lequel la colonisation et tout ce qui s’est passé dans notre pays était entièrement mauvais », a-t-il déclaré, ajoutant que « la vérité est que très peu de choses sont complètement mauvaises ».

Cette prise de position a provoqué une réaction immédiate sur le site du traité de Waitangi. Lorsque David Seymour s’est levé pour diriger une prière lors de l’office de l’aube, des dizaines de personnes ont couvert sa voix par des huées. Face à cette contestation, le vice-Premier ministre a qualifié les manifestants de « quelques guignols criant dans le noir », affirmant que la « majorité silencieuse » du pays commençait à se lasser de ces comportements.

Le climat politique en Nouvelle-Zélande est actuellement tendu autour de la question des droits des autochtones. Le gouvernement, dont fait partie M. Seymour, est accusé par plusieurs leaders indigènes de vouloir revenir sur des droits spécifiques accordés aux 900 000 Maoris du pays. Ces derniers, dépossédés de leurs terres lors de la colonisation britannique, restent statistiquement plus exposés à la pauvreté et à l’incarcération que le reste de la population.

Face à ces tensions, le Premier ministre Christopher Luxon a tenté d’apaiser la situation. Intervenant vendredi, il a appelé à l’unité nationale et au maintien d’un débat civil sur l’héritage colonial. « Nous ne réglons pas nos différends par la violence. Nous ne nous tournons pas les uns contre les autres ; nous nous tournons vers la conversation », a-t-il précisé, tout en reconnaissant la nécessité de relever les défis auxquels la communauté maorie est confrontée.

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