Normalisation politique en Guinée-Bissau : Les engagements précis du Général Horta qui ont motivé la réaction de la CEDEAO

La dynamique politique en Guinée-Bissau semble amorcer un tournant décisif dans ses relations avec les instances sous-régionales. Saisie officiellement à la fin du mois de janvier par les autorités de la transition sur une série de mesures d’apaisement interne, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a livré son analyse sur la nouvelle feuille de route proposée par Bissau pour un retour à l’ordre constitutionnel.

Cette évolution diplomatique fait suite à une correspondance datée du 29 janvier 2026. Selon les informations rapportées par notre confrère Sud Quotidien, cette lettre a été adressée par le Général de division Horta INTA-A, Président de la transition, à Julius Maada Bio, chef de l’État sierra-léonais et Président en exercice de la Conférence des chefs d’État de la CEDEAO. Le document expose les dispositions concrètes prises par la junte pour décrisper le climat politique.

Un gouvernement de transition élargi

Au cœur de ces annonces figure l’ouverture de l’appareil gouvernemental aux forces politiques civiles. Les autorités de transition ont acté la formation d’un gouvernement inclusif, intégrant désormais des figures de l’opposition. Le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) ainsi que le groupe politique dirigé par Fernando Dias Da Costa se sont vu attribuer trois portefeuilles ministériels.

Cette volonté d’inclusion s’étend également à l’organe législatif provisoire. Dix représentants issus de ces deux formations politiques ont été nommés pour siéger au sein du Conseil national de transition, marquant une étape dans la recomposition du paysage institutionnel bissau-guinéen.

Détente sur le plan des droits humains et sécuritaire

Sur le volet des libertés publiques, la correspondance détaille des gestes significatifs concernant les détenus. La CEDEAO a pris acte de la libération de l’ensemble des prisonniers politiques. Le cas emblématique de Domingos Simões Pereira, président du PAIGC, a fait l’objet d’un traitement particulier : il a été transféré de la prison centrale vers un régime d’assignation à résidence, améliorant ainsi ses conditions de détention.

Par ailleurs, un point de friction majeur entre Bissau et l’organisation régionale a été levé. Les autorités de transition ont officiellement retiré leur demande de départ de la Mission de soutien à la stabilisation de la CEDEAO en Guinée-Bissau (ESSMGB), confirmant ainsi le maintien de la présence militaire sous-régionale.

Les attentes persistantes de l’organisation régionale

Si la CEDEAO a salué ces avancées visant à favoriser un climat politique plus inclusif, elle maintient certaines exigences. L’organisation insiste sur la nécessité d’aller au-delà de l’assignation à résidence pour Domingos Simões Pereira, réclamant sa libération complète et effective.

L’instance sous-régionale a réitéré son appel aux acteurs politiques et institutionnels pour garantir une transition pacifique et crédible. L’objectif final demeure l’organisation d’élections démocratiques dans le respect des droits et libertés fondamentaux de tous les citoyens bissau-guinéens.

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