Niger, Mali et Burkina Faso en tête des crises humanitaires négligées

Niger, Mali et Burkina Faso en tête des crises humanitaires négligées

Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) a révélé son rapport annuel sur les dix crises de déplacement les plus négligées dans le monde. Cette année, plusieurs pays du Sahel, dont le Niger, le Mali et le Burkina Faso, se distinguent par la gravité de leur situation humanitaire.

Les conflits armés persistants, les catastrophes climatiques et le manque de financement international ont exacerbé les crises dans ces pays, tous membres de l’Alliance pour le Sahel (AES).

Pour la première fois, le Niger se hisse à la cinquième place de cette liste. Le rapport souligne que la suspension de l’aide au développement après le coup d’État de juillet 2023 a aggravé une situation déjà critique. Le nombre de personnes en crise alimentaire a doublé par rapport à l’année précédente, atteignant 2,3 millions, avec plus de 335 000 déplacés internes.

Le Mali, désormais quatrième alors qu’il était septième l’année précédente, voit également sa situation se détériorer. En 2023, plus de 340 000 personnes ont été déplacées en raison des combats entre l’armée nationale et des groupes armés. La violence et les effets du changement climatique nécessitent une aide alimentaire urgente pour 2,5 millions de personnes. Cependant, seulement 31% des fonds humanitaires nécessaires ont été obtenus.

Le Burkina Faso conserve sa place en tête de cette liste pour la deuxième année consécutive. En 2023, le pays a enregistré un nombre record de 707 000 nouveaux déplacements internes. Le manque d’accès pour les journalistes et les organisations humanitaires a contribué à la baisse de la couverture médiatique. La crise humanitaire s’est intensifiée avec 3,6 millions de personnes sans soins de santé et 6,3 millions nécessitant une aide en 2024.

D’autres pays africains figurent également sur cette liste. La République démocratique du Congo reste sur cette liste pour la huitième année consécutive, avec 6,9 millions de déplacés. Le Cameroun, en deuxième position, fait face à une triple crise liée à des conflits internes et à l’accueil de réfugiés voisins.

Le Tchad, classé neuvième, voit sa situation empirer avec l’afflux de réfugiés soudanais et des conditions climatiques sévères. La République centrafricaine, à la huitième place, continue de souffrir des effets d’une décennie de conflit.

Le NRC évalue ces crises par une méthodologie rigoureuse basée sur trois critères principaux : le manque de volonté politique internationale, le manque d’attention médiatique et le déficit de financement humanitaire. Chacune de ces crises est analysée afin d’attirer l’attention sur les besoins urgents des populations affectées.

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