Musée des Civilisations Noires : Le rapport d’activités 2025 officialise une percée financière fondée sur cinq piliers stratégiques

À l’approche du soixantième anniversaire du Festival mondial des Arts nègres, le Musée des Civilisations Noires (MCN) semble avoir trouvé sa vitesse de croisière. Le rapport d’activités de l’exercice 2025, relayé par nos confrères de Sud Quotidien, décrit une institution en pleine mutation, qui tente de concilier impératifs économiques et rayonnement diplomatique.

Loin d’être un simple exercice comptable, ce document met en lumière une transformation structurelle opérée sous la direction du professeur Mouhamed Abdalah Ly, marquée par une redéfinition du modèle économique de l’établissement.

Une autonomie financière en nette progression

Le fait marquant de ce bilan réside dans la performance financière de l’institution. Selon les données rendues publiques, le musée a généré des recettes propres s’élevant à 353,9 millions de francs CFA pour l’année 2025. Ce chiffre traduit une hausse spectaculaire de 148 % par rapport à l’exercice précédent.

Cette progression ne relève pas du hasard mais d’une stratégie de diversification des ressources. La direction a activé plusieurs leviers simultanés : l’augmentation des revenus liés à la billetterie, la location d’espaces pour des événements privés ou institutionnels, ainsi que la commercialisation de produits dérivés. Cette dynamique vise un objectif clair : réduire la dépendance aux subventions et consolider l’autonomie de gestion de la structure.

La méthode des « 5D » comme boussole

Pour atteindre ces résultats, la direction du musée s’est appuyée sur une feuille de route baptisée « stratégie des 5D ». Ce plan d’action repose sur cinq axes interdépendants : démocratisation, décolonisation, dynamisation, digitalisation et diversification.

Concrètement, cette approche s’est traduite par une politique tarifaire revue pour favoriser l’accessibilité, notamment auprès des plus jeunes. Sur les quelque 50 000 visiteurs enregistrés (49 308 entrées payantes comptabilisées), les publics scolaires représentent une part substantielle avec plus de 19 000 entrées. Le rapport note d’ailleurs un pic d’affluence historique le 24 mai, journée durant laquelle près de mille visiteurs ont franchi les portes du musée.

Un instrument de diplomatie culturelle

Au-delà des chiffres, le MCN confirme son statut de plateforme diplomatique. L’année 2025 a vu se succéder plusieurs personnalités de premier plan, dont la vice-présidente colombienne Francia Márquez, la vice-présidente du Bénin Mariam Chabi Talata, ou encore le chef de l’État cap-verdien José Maria Neves.

L’institution a également servi de cadre aux célébrations des fêtes nationales de la Chine et de l’Égypte, renforçant son positionnement comme carrefour de coopération Sud-Sud. Sur le plan scientifique, le musée a maintenu une programmation dense, accueillant des colloques internationaux et des expositions thématiques centrées sur les figures historiques telles que Frantz Fanon, Malcolm X et Patrice Lumumba.

Cap sur 2026

Cette consolidation des acquis doit servir de tremplin pour l’année 2026, qui s’annonce chargée pour le secteur culturel sénégalais. Entre la Biennale des Arts et les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), le musée entend jouer un rôle central, notamment avec le lancement d’une programmation dédiée aux « musiques noires en scène ».

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