Les fortes précipitations qui s’abattent sur l’Afrique australe ne constituent plus la seule urgence pour Maputo. Alors que le pays gère déjà le déplacement de millions de personnes, les autorités sanitaires ont communiqué ce samedi de nouveaux chiffres. Ces statistiques indiquent une évolution inquiétante de la courbe épidémique dans les provinces les plus touchées.
La situation sanitaire se détériore rapidement sur le terrain. Selon les données officielles relayées par l’agence Anadolu, le Mozambique fait face à une recrudescence marquée des cas de choléra. En l’espace de seulement 24 heures, le pays a enregistré 12 décès supplémentaires et 135 nouvelles contaminations. Cette accélération survient alors que le pays est déjà fragilisé par des inondations dévastatrices.
Une concentration géographique précise
La Direction de la santé publique a identifié les foyers principaux de cette flambée. La province de Tete, située dans le centre du pays, est désormais considérée comme l’épicentre de l’épidémie. Dans cette zone, le bilan létal a plus que doublé ces derniers jours. Les provinces de Nampula et de Cabo Delgado figurent également parmi les régions où la transmission s’intensifie. Pour la seule journée du 28 janvier, les services hospitaliers ont dû admettre 49 nouveaux patients.
Le lien direct avec les intempéries
Cette crise sanitaire s’inscrit dans un contexte climatique difficile. Le Mozambique subit depuis plusieurs semaines des pluies torrentielles qui ont provoqué d’importants mouvements de population, créant un terrain favorable à la propagation de la maladie. Depuis le début de l’année 2025, le choléra a causé la mort de 169 personnes sur l’ensemble du territoire.
Face à cette persistance, le gouvernement maintient son cap stratégique défini en septembre dernier. L’objectif affiché est l’élimination du choléra en tant que problème de santé publique d’ici 2030. Le porte-parole du gouvernement, Innocencio Impissa, a rappelé la nécessité d’actions multisectorielles, insistant sur l’accès des communautés « à une eau potable, à l’assainissement et à des soins de santé de qualité ».