La tension restait vive à Minneapolis après la fusillade du 24 janvier, marquée par le silence des autorités sur les circonstances exactes et les auteurs des tirs mortels. Alors que l’agence de tutelle refusait jusqu’ici de livrer ces informations, une enquête journalistique basée sur des documents administratifs vient de lever l’anonymat des deux agents impliqués dans la mort du manifestant Alex Pretti.
Selon les éléments révélés par le média d’investigation ProPublica et relayés par Anadolu, les deux hommes identifiés appartiennent aux services fédéraux de l’immigration. Il s’agit de Jesus Ochoa, 43 ans, agent de la police des frontières, et de Raymundo Gutierrez, 35 ans, rattaché aux Douanes et à la protection des frontières (CBP). Ces identifications contredisent la stratégie de communication du CBP, qui avait décliné toute confirmation officielle concernant l’identité de ses employés.
**Le contexte de l’intervention fédérale**
La présence de ces agents à Minneapolis s’inscrivait dans le cadre de « l’Opération Metro Surge ». Lancée en décembre sous l’administration du président Donald Trump, cette initiative vise une répression accrue de l’immigration et se caractérise par le déploiement d’unités armées et souvent masquées dans plusieurs villes américaines. Cette militarisation des opérations de contrôle fait l’objet de critiques croissantes, notamment concernant l’opacité qui entoure les agents déployés sur le terrain.
L’incident fatal s’est produit lors d’une altercation pour dégager une route bloquée par des manifestants. Alex Pretti, infirmier en soins intensifs de 37 ans, a été abattu après qu’un agent a signalé la présence d’une arme. Si les autorités confirment que la victime portait légalement une arme de poing, les circonstances du tir restent disputées. Des analyses vidéo suggèrent que l’arme aurait pu être retirée avant les coups de feu, une version que l’absence d’images officielles ne permet pas encore de trancher définitivement.
**Réactions et suites judiciaires**
Face à la pression, le ministère américain de la Justice a annoncé l’ouverture d’une enquête par sa division des droits civiques. Les deux agents, Ochoa et Gutierrez, ont été placés en congé administratif, une mesure standard dans ce type de procédure. Au niveau politique, l’affaire dépasse les clivages habituels : le sénateur républicain John Curtis a exigé une transparence totale, tandis que les élus locaux dénoncent la rétention d’éléments clés, comme les enregistrements des caméras-piétons.
Ce drame survient dans un climat déjà alourdi par la mort de Renee Good, une autre manifestante tuée le 7 janvier dans des circonstances similaires impliquant un agent de l’immigration. La publication des noms par ProPublica répond, selon le média, à un impératif d’intérêt public face à l’usage de la force létale.