L’étau se resserre autour des protagonistes cités dans l’affaire Jeffrey Epstein, alors que la commission de surveillance de la Chambre des représentants américaine intensifie ses investigations. Après des semaines de tensions et de menaces de sanctions parlementaires, une étape décisive vient d’être franchie concernant l’implication de deux figures majeures de la politique américaine.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, l’ancien président Bill Clinton et l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton ont formellement accepté de témoigner devant la commission. Cette décision intervient dans un climat de confrontation directe entre le couple démocrate et les instances républicaines du Congrès.
**Un accord sous tension**
La confirmation de cette comparution a été rendue publique lundi par un responsable proche du dossier. Angel Urena, ancien chef de cabinet adjoint de Bill Clinton, a tenu à clarifier la position du couple sur le réseau social X, répondant directement aux accusations d’obstruction. « Ils ont négocié de bonne foi. Vous, non », a-t-il lancé à l’adresse de James Comer, le président de la commission de surveillance.
M. Urena a précisé que les Clinton avaient déjà partagé sous serment ce qu’ils savaient, mais qu’ils acceptaient cette nouvelle audition pour marquer le coup : « L’ancien président et l’ancienne secrétaire d’État seront présents. Ils se réjouissent d’établir un précédent qui s’applique à tout le monde. »
**La menace d’une procédure pour outrage**
Ce revirement apparent semble directement lié à la pression exercée par la Chambre des représentants. Le mois dernier, la commission avait adopté des résolutions pour « outrage au Congrès » à l’encontre des Clinton, suite à leur refus initial de comparaître. Pour James Comer, l’acceptation de témoigner est une conséquence directe de cette procédure disciplinaire.
« La seule raison pour laquelle les Clinton ont accepté de témoigner était l’avancée de la procédure d’outrage au Congrès », a déclaré le président de la commission dans un communiqué. Il a toutefois nuancé cette avancée en soulignant que les conditions posées par les avocats du couple manquaient encore de clarté et qu’aucune date précise n’avait été fixée pour ces dépositions.
**Le contexte de l’affaire Epstein**
Cette audition s’inscrit dans le cadre plus large de l’enquête sur le réseau de trafic sexuel dirigé par Jeffrey Epstein. Le financier, retrouvé mort dans sa cellule à New York en 2019 alors qu’il attendait son procès, avait tissé des liens avec de nombreuses élites politiques et économiques mondiales. Si les détails logistiques de l’audition des Clinton restent à définir, leur présence devant la commission marque un tournant dans l’instruction parlementaire de ce dossier tentaculaire.