La tension est montée d’un cran à l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ). Depuis ce lundi, le campus vit au rythme d’un mouvement d’humeur déclenché par les étudiants pour s’opposer fermement à la nouvelle réforme des allocations envisagée par la tutelle. Une mobilisation qui fait suite à une rupture du dialogue avec les autorités académiques.
Au cœur de la discorde se trouve le projet de réforme porté par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Selon les responsables étudiants, cette initiative menace directement les acquis du décret 2014-963 du 12 août 2014, texte fondamental qui garantit jusqu’ici l’octroi des bourses de la licence au doctorat. Pour marquer leur désaccord, les pensionnaires de l’UASZ ont décrété 48 heures de « Journées de Sensibilisation et de Contestation » (JSC), caractérisées par des journées « sans tickets » dans les restaurants universitaires.
**Un dialogue rompu avant d’avoir commencé**
Le point de rupture s’est cristallisé autour de la méthodologie adoptée par le ministère. Si une rencontre était initialement prévue les 2 et 3 février pour échanger sur le contenu de la réforme, les représentants des étudiants ont opté pour la politique de la chaise vide. D’après les informations relayées par Emedia, ce boycott est une réponse à ce que les étudiants qualifient de passage en force : la procédure aurait été imposée en amont, rendant toute discussion ultérieure caduque.
Ibrahim Ngom, porte-parole des étudiants, a tenu à rappeler la dimension symbolique et vitale de ces allocations. « Les bourses sont un sujet très sensible, c’est aussi une question de dignité pour l’étudiant. Ce que le ministère veut imposer, nous ne l’accepterons pas », a-t-il martelé face à la presse.
**Revendications sociales et appel au Rectorat**
Au-delà de la question des bourses, la plateforme revendicative s’étend aux conditions de vie sur les campus. Les grévistes pointent du doigt la fermeture des restaurants universitaires à Dakar et déplorent la situation précaire des structures de restauration à Ziguinchor, citant notamment des problèmes d’hygiène et une qualité des repas jugée insuffisante.
Malgré la fermeté du mouvement, qui doit prendre fin ce mardi, les organisateurs ont tenu à maintenir un caractère pacifique à la contestation. Ils appellent désormais le recteur de l’université à revoir sa copie en matière de gouvernance, exigeant une meilleure coordination avec les amicales et une implication réelle des représentants élus dans les instances de décision.