Méditerranée : huit corps retrouvés entre la Libye et la Grèce après une tentative de sauvetage fatale

La traversée de la Méditerranée continue de prélever un lourd tribut humain. Ces dernières heures, les autorités de deux pays différents ont été confrontées à une nouvelle série macabre, confirmant la dangerosité extrême de cet axe migratoire vers l’Europe.

Selon les éléments rapportés par la chaîne Al Jazeera, au moins huit corps de demandeurs d’asile ont été repêchés lors de deux drames distincts. En Libye, cinq dépouilles ont été rejetées par la mer samedi près de la ville côtière de Qasr al-Akhyar, à l’est de Tripoli. Hassan Al-Ghawil, chef des enquêtes au commissariat local, a précisé à l’agence Reuters qu’il s’agissait de personnes à la peau noire, dont deux femmes. Des riverains ont également signalé avoir aperçu le corps d’un enfant, emporté par les vagues avant de pouvoir être récupéré. Les autorités locales, appuyées par le Croissant-Rouge, craignent que d’autres victimes ne s’échouent dans les prochains jours.

Cette découverte en Libye survient quelques semaines après le naufrage d’une embarcation pneumatique au large de Zuwara, qui a laissé 53 personnes mortes ou disparues, dont deux nourrissons.

Simultanément, la tragédie a frappé dans l’est de la Méditerranée, au large des côtes grecques de la Crète. Les autorités ont repêché trois corps et secouru au moins vingt personnes. Le drame s’est noué dans des circonstances précises : selon la télévision publique grecque ERT, le bateau en bois transportant une cinquantaine de migrants a chaviré au moment même où les passagers tentaient de grimper aux échelles d’un navire commercial impliqué dans l’opération de sauvetage.

Parmi les rescapés figurent une majorité de ressortissants égyptiens et soudanais, ainsi que quatre mineurs. Les recherches se poursuivent avec le déploiement de quatre patrouilleurs, d’un avion et de deux navires de l’agence européenne Frontex, a indiqué un porte-parole des garde-côtes grecs à l’AFP. Dans la foulée, une seconde embarcation transportant une quarantaine de personnes a été repérée dans la même zone, déclenchant une nouvelle intervention.

La Libye demeure une zone de transit majeure, bien qu’un récent rapport de l’ONU ait alerté sur les risques de meurtre, de torture et d’esclavage pesant sur les migrants dans le pays. Beaucoup tentent de rallier la Crète, devenue une porte d’entrée principale vers l’Union européenne. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) y a recensé plus de 16 770 arrivées de demandeurs d’asile en 2025. Face à cet afflux, le gouvernement grec avait suspendu le traitement des demandes d’asile pendant trois mois l’été dernier. Sur cette seule année 2025, le HCR dénombre 107 personnes mortes ou disparues dans les eaux grecques.

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