Méditerranée centrale : Les estimations d’une ONG italienne sur les disparitions liées au cyclone Harry dessinent les contours d’un drame absolu

Au milieu du mois de janvier, des conditions météorologiques d’une violence rare ont frappé la zone maritime située entre l’Afrique du Nord et l’Europe. Alors que les vents retombent, le silence qui règne désormais sur cette route migratoire inquiète les observateurs humanitaires. Les premières données qui remontent du terrain laissent entrevoir un bilan humain particulièrement lourd, aggravé par une absence de réaction coordonnée des autorités maritimes.

Selon les éléments rapportés par l’agence Anadolu, l’ONG italienne Mediterranea Saving Humans a lancé une alerte majeure concernant la disparition potentielle de près de 1 000 migrants. Ces disparitions seraient survenues alors que le cyclone Harry balayait la Méditerranée centrale, provoquant des vagues dépassant les 7 mètres et des rafales de vent de plus de 54 nœuds. L’organisation évoque ce qui pourrait être « l’une des tragédies les plus meurtrières de ces dernières années ».

**Des centaines de disparus déjà signalés**

Les chiffres avancés s’appuient en partie sur des communications officielles. Le Centre de coordination des secours maritimes de Rome aurait signalé, via des messages Inmarsat, qu’au moins 380 personnes manquaient à l’appel à la date du 24 janvier. Cette alerte concernait huit opérations de recherche distinctes pour des embarcations parties de Sfax, en Tunisie, entre le 14 et le 21 janvier. À ce jour, aucun de ces bateaux n’a été localisé et aucun sauvetage n’a été confirmé.

Les témoignages recueillis auprès des communautés de réfugiés en Libye et en Tunisie décrivent des départs organisés malgré la fureur des éléments. Un passeur aurait notamment envoyé cinq convois transportant chacun une cinquantaine de personnes. D’autres sources évoquent des dizaines de bateaux ayant quitté divers points côtiers au sud de Sfax, sous la pression des forces de sécurité tunisiennes et à la faveur d’un relâchement supposé de la surveillance sur les plages.

**Accusations d’inaction**

Au-delà de la catastrophe naturelle, Mediterranea Saving Humans pointe du doigt la responsabilité des États européens. Laura Marmorale, présidente de l’ONG, dénonce le silence et l’inactivité des gouvernements italien et maltais face à cette urgence. Selon l’organisation, les autorités maltaises auraient récupéré des dizaines de corps ces derniers jours, sans qu’aucune communication officielle supplémentaire ne soit émise.

Le bilan provisoire reste flou mais dramatique. Une seule embarcation aurait réussi à atteindre l’île de Lampedusa le 22 janvier, avec à son bord un corps sans vie. Parmi les nombreux disparus figureraient des femmes, des enfants, ainsi que des jumeaux âgés d’un an.

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