Malgré le déploiement de navires de guerre américains, l’Iran confirme l’ouverture d’un canal diplomatique conditionné par trois exigences strictes de Donald Trump

Alors que la présence militaire américaine s’intensifie au Moyen-Orient avec le déploiement de porte-avions et de chasseurs dans l’Océan Indien, une dynamique inverse s’opère dans les coulisses des chancelleries. Loin de la rhétorique guerrière, Téhéran et Washington ont entamé un processus de dialogue indirect visant à désamorcer les tensions actuelles.

Ce rapprochement inattendu, confirmé par des officiels iraniens, repose sur une médiation régionale complexe et fait face à une liste de prérequis établie par la Maison Blanche pour réactiver l’accord sur le nucléaire.

**Une diplomatie active sous pression militaire**

Selon nos informations, relayées par Al Jazeera, le ministère iranien des Affaires étrangères a officiellement reconnu l’existence de ces échanges. Le porte-parole Esmaeil Baghaei a indiqué que Téhéran examinait actuellement plusieurs processus diplomatiques proposés par des pays de la région. L’objectif affiché est de finaliser, dans les prochains jours, un cadre formel pour la reprise des discussions.

Cette ouverture diplomatique intervient dans un contexte paradoxal. D’un côté, le président américain Donald Trump maintient une pression militaire maximale, ayant ordonné l’envoi de navires de guerre après les troubles de janvier en Iran. De l’autre, il appelle à la conclusion d’un nouveau pacte. Des sources non vérifiées citées par l’agence Fars suggèrent même que le président iranien, Masoud Pezeshkian, aurait personnellement ordonné la relance de ces négociations.

**Les trois conditions posées par Washington**

Si la volonté de dialoguer semble partagée, le contenu des discussions révèle des obstacles majeurs. D’après des sources iraniennes, l’administration Trump a conditionné la reprise formelle des pourparlers à trois exigences spécifiques, qui touchent au cœur de la stratégie de défense iranienne.

Washington réclamerait l’arrêt total de l’enrichissement d’uranium, une limitation drastique du programme de missiles balistiques et la fin du soutien aux groupes armés alliés dans la région. Ces deux derniers points ont historiquement été considérés comme non négociables par la République islamique.

**Le rôle crucial des médiateurs régionaux**

Pour surmonter ces blocages, plusieurs puissances régionales servent de courroie de transmission. L’agence officielle IRNA rapporte que le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a multiplié les entretiens téléphoniques avec ses homologues d’Arabie saoudite, d’Égypte et de Turquie. Ces pays agissent comme intermédiaires pour l’échange de messages, permettant aux deux adversaires de communiquer sans contact direct.

L’urgence économique pourrait inciter Téhéran à la flexibilité. Confronté à l’effondrement de sa monnaie et à des troubles sociaux internes, le pays a un besoin vital de l’allègement des sanctions. Cependant, le Guide suprême Ali Khamenei conserve un ton ferme, avertissant que toute attaque militaire déclencherait une guerre régionale.

En parallèle de ces tractations avec Washington, les relations avec l’Europe se tendent. L’Union européenne a récemment désigné le Corps des Gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste, provoquant la convocation des envoyés européens à Téhéran et la menace de contre-mesures de la part de l’Iran.

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