Une délégation de haut niveau du système des Nations Unies vient de boucler une tournée de quatre jours dans la région de Ziguinchor. Si la volonté des acteurs locaux de tourner la page du conflit est avérée, la Coordonnatrice résidente, Aminata Maïga, a identifié des obstacles techniques précis qui continuent de ralentir le processus de développement.
L’objectif de ce déplacement était d’évaluer l’impact réel des interventions onusiennes sur le terrain. Composée des chefs d’agences de plusieurs entités stratégiques (PNUD, PAM, OIT, OIM, OMS, ONU-Femmes et UNICEF), la mission a sillonné le sud-est du pays pour échanger directement avec les populations et les élus.
Au terme de ces consultations, un constat paradoxal émerge. D’un côté, les maires des villages, notamment ceux affectés par les déplacements de populations, affichent une détermination claire à consolider la paix. De l’autre, la réalité logistique impose ses limites. Aminata Maïga a explicitement désigné le déminage et l’accès aux services sociaux de base comme les défis majeurs actuels. Ces deux problématiques conditionnent encore largement le retour à la normale et l’efficacité des projets de développement.
Cette évaluation de terrain doit permettre d’ajuster la stratégie internationale aux priorités nationales. Selon les informations relayées par Sud Quotidien, l’action de l’ONU entend désormais s’inscrire strictement dans la mise en œuvre du « Plan Diomaye pour la Casamance ». L’institution cherche à aligner ses ressources sur cette nouvelle feuille de route étatique pour maximiser les résultats.
Pour surmonter les contraintes identifiées, la délégation mise sur des mécanismes de financement collaboratifs. La Coordonnatrice a cité en exemple le « Peace Building Fund », un programme qui a déjà permis une action conjointe entre le Sénégal et la Gambie. Ce modèle de coopération transfrontalière et inter-agences sera promu auprès des partenaires financiers pour intensifier les interventions dans la région sud.