Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a exprimé de vives préoccupations à la suite de l’intervention américaine au Venezuela ayant conduit à l’arrestation du président Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Lors d’un point de presse à Genève, la porte-parole de l’institution, Ravina Shamdasani, a rappelé que « les États ne doivent pas menacer ou recourir à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État ».
Samedi, après plusieurs mois de frappes visant des embarcations soupçonnées de trafic de drogue, les États-Unis ont annoncé la capture de Nicolás Maduro, 63 ans, et de Cilia Flores, 69 ans. Le couple doit répondre à New York d’accusations de « narcoterrorisme ». Washington présente cette action comme une « opération de police », une qualification largement contestée par de nombreux pays.
Si les autorités américaines justifient leur intervention par le bilan jugé désastreux du gouvernement vénézuélien en matière de droits humains, l’ONU estime qu’on ne peut exiger des comptes par une « intervention militaire unilatérale en violation du droit international ». Mme Shamdasani a rappelé que les Nations unies alertent depuis près de dix ans sur la dégradation continue de la situation des droits humains au Venezuela, tout en craignant que la militarisation actuelle n’aggrave davantage la crise.
Sur le plan humanitaire, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) souligne que près de huit millions de Vénézuéliens, soit environ un quart de la population, avaient déjà besoin d’aide avant les récents événements. Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) indique, pour sa part, n’avoir pas encore constaté de nouveaux déplacements massifs, tout en affirmant suivre de près l’évolution de la situation et se tenir prêt à intervenir en cas de besoin.




