Le mouvement de défense des droits humains vient de perdre l’un de ses piliers en Afrique de l’Ouest. Un homme qui a consacré plusieurs décennies de sa vie à combattre des pratiques d’un autre âge, bravant d’abord la répression avant d’obtenir la reconnaissance officielle de son combat au plus haut sommet de l’État.
Selon les informations rapportées par le journal Sud Quotidien, Boubakar Ould Messaoud s’est éteint ce jeudi 12 mars 2026. Né le 15 mai 1945 à Rosso, en Mauritanie, il s’était imposé comme la figure emblématique de la lutte contre l’esclavage dans son pays. Sa disparition a provoqué une onde de choc, largement relayée par les médias locaux et les plateformes numériques.
Face à la persistance des pratiques esclavagistes, il avait fondé l’organisation SOS Esclaves le 16 février 1995 à Nouakchott. Notre rédaction rappelle que cette initiative s’est d’abord heurtée à une décennie de répression. Les autorités mauritaniennes de l’époque accusaient ses membres de diriger une structure non autorisée. Il aura fallu attendre le 17 mai 2005 pour que l’ONG obtienne finalement sa reconnaissance officielle.
L’organisation s’est structurée autour d’objectifs précis : la promotion de l’État de droit, l’élimination de la torture et l’éradication de toutes les formes d’esclavage. Elle déploie également un volet d’assistance directe aux victimes, incluant un soutien psychologique, juridique, financier et matériel, ainsi qu’un accompagnement pour leur réinsertion sociale.
Tout au long de son engagement, Boubakar Ould Messaoud a privilégié le dialogue et l’éducation aux affrontements. Cette approche lui a valu une reconnaissance institutionnelle tardive mais symbolique. En 2023, le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani l’a élevé au rang d’officier de l’Ordre du Mérite national.
D’après les observations des médias spécialisés, dont le site Madar, il fut l’un des premiers à internationaliser ce combat en sensibilisant la communauté internationale, notamment en Europe. Aujourd’hui, de nombreux témoignages affluent pour saluer la mémoire de celui qui fut longtemps perçu comme le principal adversaire du statu quo en Mauritanie.
Paix à son âme