Une crise sécuritaire majeure secoue actuellement l’Amérique centrale, où le conflit entre les autorités et le crime organisé a franchi un nouveau seuil de violence. Ce qui a débuté par des soulèvements dans le milieu carcéral s’est rapidement transformé en une guérilla urbaine ciblant spécifiquement les représentants de la loi, plongeant la capitale dans un climat de terreur. Face à cette escalade meurtrière, l’exécutif a dû recourir à des mesures constitutionnelles d’exception pour tenter de reprendre le contrôle.
Le bilan s’est alourdi lundi soir avec la confirmation du décès d’un dixième policier, victime de cette série d’attaques coordonnées. Selon les informations relayées par Al Jazeera, ces assassinats ne sont pas le fruit du hasard, mais constituent des actes de représailles directs orchestrés par le redoutable gang Barrio 18. La violence, initialement confinée aux établissements pénitentiaires lors d’émeutes samedi dernier, s’est exportée dans les rues de Guatemala City, visant délibérément les forces de sécurité.
**Une riposte étatique immédiate**
Devant la gravité de la situation, le Congrès guatémaltèque a approuvé à la quasi-unanimité l’instauration de l’état d’urgence pour une durée de 30 jours. Ce décret, publié au journal officiel, octroie des pouvoirs élargis aux forces de l’ordre. La police peut désormais procéder à des arrestations sans mandat judiciaire contre les individus soupçonnés d’appartenir aux gangs et restreindre la circulation des véhicules dans certaines zones sensibles.
Le président Bernardo Arevalo a fermement condamné ces « actions coordonnées » incluant des « attaques armées contre les autorités civiles ». Lors d’une cérémonie d’hommage au ministère de l’Intérieur, le chef de l’État a remis le drapeau national aux familles des victimes, saluant le sacrifice de ces agents tombés dans l’exercice de leurs fonctions.
**Les racines du conflit**
Cette flambée de violence trouve son origine dans les revendications du Barrio 18. Le gang, impliqué dans le trafic de drogue à travers l’Amérique centrale, exigeait des privilèges pour ses membres et un assouplissement des conditions de détention de ses leaders. La situation a dégénéré lorsque les forces de sécurité ont repris le contrôle de la prison où est incarcéré Aldo « El Lobo » Duppie, le chef du gang, qui purge actuellement des peines cumulant près de 2 000 ans de prison.
Les tensions dans les prisons guatémaltèques sont récurrentes depuis la mi-2025. En octobre dernier, une vingtaine de chefs du Barrio 18 avaient réussi à s’évader ; à ce jour, seule une partie d’entre eux a été neutralisée ou capturée.