Longtemps considéré comme le successeur désigné de son père et figure centrale des tentatives de retour politique, Saif al-Islam Kadhafi résidait dans la ville de Zintan depuis plus d’une décennie. Alors que ses ambitions présidentielles restaient d’actualité malgré les mandats d’arrêt internationaux, une annonce majeure vient d’être faite par ses conseillers juridiques et politiques concernant sa situation physique actuelle.
Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, le fils le plus en vue de l’ancien guide libyen a été tué. Âgé de 53 ans, celui qui avait fait de la ville de Zintan sa base arrière – d’abord comme prisonnier puis comme homme libre – a vu son décès confirmé ce mardi. Son conseiller politique, Abdullah Othman, ainsi que son avocat, Khaled el-Zaydi, ont corroboré cette information auprès du média, bien que les circonstances exactes entourant cet événement restent pour l’heure indéterminées.
Cette disparition marque un tournant abrupt pour une partie de l’échiquier politique libyen. Saif al-Islam avait tenté un retour sur la scène publique, notamment en déposant sa candidature à l’élection présidentielle prévue en décembre 2021 à Sebha. Dans une rare interview accordée au New York Times la même année, il comparait son retour progressif à un « strip-tease », affirmant que les autorités en place craignaient le verdict des urnes. Bien que disqualifié initialement puis réintégré, le scrutin n’avait finalement pas eu lieu en raison de l’instabilité politique persistante entre les administrations rivales.
Le parcours de l’homme était marqué par une dualité constante. Diplômé de la London School of Economics (LSE) en 2008 et artisan du rapprochement avec l’Occident dans les années 2000, il était également sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale (CPI) pour des crimes de guerre présumés lors du soulèvement de 2011. Condamné à mort par contumace par un tribunal de Tripoli en 2015, il avait bénéficié d’une amnistie en 2017 de la part des autorités de l’Est libyen et de la milice Abou Bakr al-Siddiq qui contrôlait Zintan.
Avant la chute du régime, Saif al-Islam avait joué un rôle clé dans plusieurs dossiers diplomatiques majeurs. Il avait notamment mené les négociations nucléaires avec les puissances occidentales, dont les États-Unis et le Royaume-Uni. Il avait également été central dans le règlement des indemnisations pour les familles des victimes de l’attentat de Lockerbie et du vol UTA 772, ainsi que dans la libération des infirmières bulgares accusées d’avoir inoculé le VIH à des enfants libyens à la fin des années 1990.